Les recherches neuroscientifiques des dernières décennies ont ouvert un grand débat entre science et société. Un débat qui inclut les sciences pures (biologie, chimie, physique et mathématiques), neurologues, psychiatres, psychologues, sociologues et de plus en plus les philosophes et le grand public.

Ce double débat entraîne des interrogations de plus en plus difficiles, tout en nourrissant des espoirs pour la prévention et le traitement des maladies.

La science cherche à répondre aux interrogations sur les mécanismes cérébraux normaux et pathologiques qui sous-tendent la pensée, les émotions, les mémoires, les comportements moteurs et sensoriels.

Dans ce domaine, les possibilités d’investigation ne font que s’accroître: molécules chimiques, imagerie cérébrale, stimulation magnétique, implants, neuroprothèses, neuroapprentissage et neurofeedback. Plus spécifiquement, le cerveau en fonctionnement scruté par des machines (par exemple, l’imagerie par résonnance magnétique) attire le grand public.

Un public fasciné par le pouvoir de «lire dans la pensée des autres» ou d’un langage scientifique la capacité de voir le traitement des processus mentaux in vivo lors d’une séquence d’imagerie fonctionnelle.

Un public fasciné par une science qui peut répondre à ses désirs de se comprendre, d’améliorer ses performances, de maîtriser: son corps, ses craintes, ses angoisses, ses espoirs et ses émotions.

Intéressant! Oui, fascinant! Oui... mais est-ce qu’on peut attribuer un intérêt public réel à ces recherches neuroscientifiques? Que dépiste-t-on? Est-ce qu’on peut déduire les causes biologiques de nos comportements ou d’une maladie mentale? Est-ce que les recherches neuroscientifiques peuvent avoir un pouvoir prédictif dans le diagnostic et le traitement des maladies qui nous touchent? Si la réponse est oui, alors est ce que cela pose un problème éthique de stigmatisation du dépistage précoce des maladies mentales? Ou bien on dé-stigmatise les maladies mentaux et réinsère les patients dans la société?

Je pose cette question tout en sachant que la dé-stigmatisation fait de plus en plus surface. Cependant, il faut aussi tenir compte qu’à l’autre bout, le dépistage précoce de trouble de l’attention/hyperactivité chez l’enfant ou schizophrénie/trouble bipolaire chez l’adolescent fait couler de plus en plus de personnes vers le fond.

Dans mes prochains billets, je vais essayer de répondre à ces questions tout en ouvrant des portes vers d’autres horizons.