Bon courage à ceux qui n'aiment pas le froid: l'hiver québécois a été exceptionnellement plus froid que d'habitude et le printemps ne s'annonce pas mieux.

Les frileux ont raison de se plaindre cette année.Selon les observations dans le sud du Québec, l'hiver 2014-2015, a été 2 à 4°C sous la moyenne de la période 1951-1980. Même que notre mois de février a été 7 à 9°C plus froid que la normale; du jamais vu depuis 1900! • http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/climat/Faits-saillants/2015_fevrier.htm

Le réchauffement est allé se faire voir ailleurs

Le Québec est presque la seule partie du monde à avoir connu un refroidissement de cet ordre entre décembre et février. En effet, pour l'ensemble des continents, une anomalie de +1,46°C a été observée par rapport à la moyenne du 20e siècle; un record inégalé depuis que l'humain prend des mesures météorologiques (environ 130 ans). Le réchauffement moyen global se confirme, une fois de plus. • http://www.ncdc.noaa.gov/news/february-2015-global-climate-report

Le sort s’acharne

Selon les prévisions d’avril et mai, le froid ne sera pas délogé de si tôt. La moyenne des températures saisonnières restera plus froide que la normale 1951-80 dans le sud du Québec. Les vents dominants du nord-ouest continueront de nous apporter de l’air arctique. Finalement, l’accumulation de glace sur les Grands-Lacs, supérieure de 15 à 20% à la normale, contribuera également à retarder le printemps. • http://www.accuweather.com/en/weather-blogs/anderson/canada-spring-outlook-2015/42051138 • http://www.theweathernetwork.com/outlook • http://meteo.gc.ca/saisons/prob_f.html

Pourquoi nous?

Même si le climat moyen de la planète se réchauffe indéniablement, il y a des endroits et des moments d'exception. Cette variabilité est en partie issue de causes naturelles : la radiation solaire, les courants océaniques, la circulation atmosphérique, les glaces, les éruptions volcaniques, l’occupation du sol, etc. Les interactions et rétroactions de ces systèmes complexes modulent le climat à toutes les échelles (région, pays, continent, hémisphère) et la résultante est non-linéaire (chaotique). Bref, la variabilité naturelle n’est pas bien comprise et reste difficile à prévoir.

Le froid de l’hiver 2014-1015 au Québec est un bon exemple de la variabilité naturelle du climat; l’anomalie était attendue, mais pas précisée. Jusqu’à présent, les spécialistes ne s’entendent pas sur la (les) cause(s): l’étendue des glaces arctiques? Le refroidissement de la stratosphère?La position du courant-jet? El Niño? La NAO? En tout cas, c’est un «mauvais hasard» pour les frileux.

La variabilité naturelle se manifeste à différentes échelles de temps, se superpose aux perturbations climatiques d’origine anthropique qui opèrent à plus long terme. En effet, l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, des particules et des gaz détruisant la couche d’ozone, changent aussi le climat; de plus, les causes naturelles et humaines interagissent pour rendre la tâche des climatologues encore plus difficiles (et plus captivante…). • http://climatechange.gc.ca/default.asp?lang=fr&n=65CD73F4-1