Manger, déguster, savourer. Quoi de plus délicieux qu’une fraise d’été, gorgée de sucre et de saveur? Un jus, rouge et collant s’échappe de sa chair éclatée. On en a plein la bouche. On en a plein les doigts. La langue joue avec les graines, microscopiques et rugueuses, qui aiment tant se coincer entre les dents.

 

Il faut plus que les 5 termes du goût (sucré, salé, acide, amer, umami) pour décrire ce plaisir d’été. C’est pourquoi Croquarium propose aux enfants et à leur famille de découvrir le plaisir de bien manger grâce à chacun de nos sens. En effet, on mange autant avec les oreilles et le nez qu’avec les yeux et la langue. Et avec le toucher, aussi, bien sûr. C’est lui qui nous avise de la texture lisse du bleuet et du moelleux d’un gâteau des anges.

À la belle saison, Croquarium part en balade dans les sentiers de l’Estrie avec sa Caravane du goût. Parmi les 4 ateliers itinérants offerts sur les places et les marchés, il en est un sur la vinaigrette…

« Souvent, lors des repas, l’enfant reçoit dans son assiette un mélange tout préparé. La salade, la vinaigrette, toutes mélangées, raconte Marine Pouyfaucon, coordonnatrice du programme Les aventuriers du goût. Lors de l’atelier, nous partons à la découverte de chaque ingrédient séparément. »

D’abord, il y a l’huile. Les enfants la regardent, la sentent, la goûtent. Ils la découvrent grasse et onctueuse. Puis vient le vinaigre, qui sent fort et qui pique la langue. Et enfin apparaît le miso, une étrange pâte brunâtre au goût salé que certains n’oseront toucher.

Une fois chaque ingrédient décortiqué, les animateurs distribuent une prévinaigrette, mélange d’huile de tournesol et de vinaigre de cidre, que les enfants pourront ajuster à leur guise. Moi, je la trouve trop grasse. Moi, je la préférais plus sucrée. Moi, j’aimerais ajouter un peu de sel.

En décrivant chacun leurs sensations et leurs préférences, les enfants deviennent de petits goûteurs professionnels. Et les parents tout surpris les voient terminer une salade qu’ils refusent généralement à la maison. Une salade assaisonnée à leur façon, il va sans dire.

« On mange ce qu’on aime, même lorsqu’on est adulte, rappelle M. Pouyfaucon. Et on aime ce qu’on connaît. » Ainsi, Croquarium pousse à l’exploration. « Une maman nous a rapporté un jour que, suite à un atelier, sa fille demande désormais le silence autour de la table. Ensuite, elle écoute, oreilles ouvertes et oreilles bouchées, le son des aliments quand elle les croque. »

Essayez donc, pour voir !

Par Brïte Pauchet.

Ce billet a également été publié sur le site BriteSciences et sur le blogue du Calendrier de la science.