La Maison de la culture Maisonneuve accueillait jeudi dernier le premier cabaret scientifique de Science pour tous. Au menu, de la passion, du partage et de l’émerveillement.

 

Mise en bouche : Rémi Quirion, scientifique en chef du Québec, chercheur toujours passionné malgré sa nouvelle charge, qui aimerait que ses confrères se commettent plus auprès du public. « Donner le goût de la science à nos jeunes. »

Apéritif : Maurice Landry, ingénieur au Parc olympique de Montréal, qui déclare son amour pour une œuvre architecturale fantastique. « La Tour du stade olympique est bâtie sur une assise de pierre, pas sur un sol gelé en permanence. »

Entremet : Louise Vandelac, professeure à l’UQAM et présidente de la Commission intersectorielle Sciences naturelles humaines et sociales de la Commission canadienne pour l’UNESCO. « L’intersectionnalité, c’est souvent compliqué. Car il faut créer des ponts. » Comme dans la vraie vie, quoi.

Entrée : Maud Fillion, directrice des Amis du Jardin botanique, qui fêtent leurs 40 ans aujourd’hui et nous offrent deux cadeaux: un tout nouveau magazine, Flore alors !, et quatre arbres chargés d’histoire. « Arbres et humains sont liés. Nous sommes influencés par les arbres qui nous entourent. » Avez-vous voté pour votre arbre de l’année?

 

Puis nous passons au plat de résistance. Mais avant, une question protocolaire essentielle : de quelle science vaut-il mieux se vêtir lorsqu’on s’offre comme spécimen à un cabinet de curiosités ?

De physique, répond sans hésiter Yvon Fortin, le créateur du Centre de démonstration en sciences physiques. Ce passionnant passionné et vulgarisateur hors pair convertirait à la mère de toutes les sciences le dernier des cancres. Il nous le prouve, choisissant sur sa table un puis deux puis quatre puis six artéfacts, l’un utilisé par les premiers expérimentateurs de l’électricité (17e siècle), l’autre, une copie métallique de l’ancêtre de la fusée (par Archytas, au 4e siècle av. J.-C.).

Devant nos yeux ébahis, Yvon Fortin s’immobilise. « Quand l’humain est exposé à quelque chose qui est nouveau et qui ne le menace pas, il s’en réjouit et sourit. » C’est cette prémisse qui catalyse tous les gestes de l’ancien professeur. Rien ne sert de donner les réponses. D’ailleurs, on ne les connait pas toutes.

« On peut savoir des choses, on peut même savoir faire des choses très complexes et ne pas les comprendre. » C’est comme faire du vélo, cet engin instable avec ses deux seuls points d’appui. Impossible de rester immobile sur un vélo; on bouge tout le temps, à la recherche de l’équilibre. On penche d’un côté, on compense en donnant un coup de guidon. On penche de l’autre côté, on redonne un petit coup… Le cycliste ne s’en rend plus compte; son corps compense, à son insu.

D’ailleurs, si vous pensez savoir comment faire du vélo, il y a des questions de physique reliées à la stabilité du vélo qui ne sont pas encore connues aujourd’hui, rappelle Yvon Fortin.

Mais bon… « La beauté de la science, c’est que cela fonctionne toujours. »

- Toujours, répète-t-il en faisant de gros yeux. Avant de s’adoucir: «  Ça marche, mais pas toujours comme on le veut. »

Bref. Une petite leçon d’humilité.

Par Brïte Pauchet.

Ce billet a également été publié sur le site BriteSciences et sur le blogue du Calendrier de la science.