Shark Bay, au nord-ouest de l’Australie : un océan bleu turquoise, des plages de sable fin, des coquillages... et des stromatolites ! Classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO, cette baie est l’un des rares endroits du globe où il est actuellement possible d’observer ces « fossiles vivants », traces des premières formes de vie sur Terre.

Les stromatolites (ou stromatolithes) sont des massifs de roches calcaires en forme de choux-fleurs mesurant de quelques dizaines de centimètres à un mètre. Si ceux de Shark Bay ne se sont formés qu’il y a deux à trois mille ans, les plus anciens stromatolites sont apparus il y a 3,5 milliards d’années : ils sont la trace des premières formes de vie en colonies fixées.

Ces formations rocheuses se situent dans des eaux très peu profondes – généralement des zones de marée – douces ou salées, dont la température est d’au moins 25 °C. Dans de telles conditions, elles ne craignent ni concurrents, ni prédateurs. Les stromatolites ne perdurent de nos jours qu’à quelques endroits privilégiés tels que Hamelin Pool (Shark Bay), les Bahamas, ou encore le parc de Yellowstone (États-Unis).

Des études menées sur des stromatolites récents (moins de 350 millions d’années) ont montré que leur formation provenait de l’association de micro-organismes vivants à leur surface, tels que les cyanobactéries (algues bleues). Ces dernières – comme les plantes – réalisent la photosynthèse : elles capturent le dioxyde de carbone (CO2) présent dans l’air afin de transformer le bicarbonate en carbonate de calcium – c’est-à-dire de former des couches de calcaire à la surface des stromatolites – avant de rejeter de l’oxygène. Des stromatolites plus anciens font actuellement l’objet d’autres études, afin de vérifier s’ils se sont formés de la même manière.

Il y a 3,5 milliards d’années, la forte teneur en dioxyde de carbone de l’atmosphère aurait donc été la clef de la formation des premiers stromatolites. Ces derniers – par le biais de la photosynthèse – auraient modifié progressivement l’atmosphère en diminuant le taux de dioxyde de carbone et en augmentant celui de l’oxygène, engendrant la création d’autres formes de vie... et ainsi de suite jusqu’à ce monde qui est le nôtre aujourd’hui.