Ça donne quoi les bouffées de chaleur chez une femelle orque de quatre tonnes ? Des chercheurs américains se sont intéressés à la ménopause du mastodonte dans l’espoir d’éclairer une question qui tracasse au moins la moitié de la population. Jusqu’alors les avantages évolutifs de la ménopause restaient bien obscurs. Sujet trop complexe ? Vous rigolez !

Comme bon nombre de problématiques strictement féminines, nous touchons ici à un tabou, du même acabit que les règles, «cachez ce sang que je ne saurais voir». (En aparté et à ce sujet, je tire mon chapeau à la nageuse chinoise Fu Yuanhui qui, lors des derniers JO de Rio, a déclaré « mes règles sont arrivées hier, et je me sentais particulièrement fatiguée », d'où son faible score durant la compétition. Voila un bon pavé dans la mare d’une société hypocrite, ça bouge !).

T’es grosse et en plus t’es vieille !

Bref, revenons à nos orques du Pacifique Nord. Figurez-vous que les géantes femelles commencent à se reproduire à l’âge de 15 ans, elles arrêtent vers 30 ou 40 ans et peuvent vivre jusqu’à 90 ans. Les scientifiques ont constaté qu’elles passaient leurs vieux jours à prendre soin des petits de leurs propres filles. Super, tout le monde en bénéficie, c’est bon pour la survie du groupe. Un peu court non ? D’après les chercheurs, ce constat ne suffit pas à expliquer l’énorme sacrifice. Ils ont donc poussé leurs observations et grâce à des données démographiques collectées pendant 43 ans, ils ont constaté un autre phénomène.

Quand mères et filles se reproduisent en même temps, les petits de la femelle plus âgée ont presque deux fois plus de risques de mourir que les descendants de la jouvencelle. Le scoop de l’année : les jeunes sont plus compétitives. Les manuels de science présentent ceci de façon plus sérieuse comme l’hypothèse du « conflit reproductif » (si ça peut vous servir au bistrot). La ménopause apparaît plus ou moins au moment où se croisent les générations fécondes, en gros quand votre fille atteint l’âge de la reproduction. Pour les femelles matures, il semble préférable de coopérer plutôt que de rentrer en compétition. D’après les biologistes, « la ménopause n’est pas un accident » mais un pur produit de l’évolution, guidé par deux mouvements antagonistes : la coopération et le conflit dans les groupes apparentés.

D’accord pour bosser pour la famille mais pas question de bosser pour rien et se casser la binette à élever des petits qui ne survivront pas. Comme quoi, une somme d'ennuis n’a pas que des inconvénients… c’est juste pour être peinarde !

Micrologie.com

Source: Reproductive Conflict and the Evolution of Menopause in Killer Whales, Current Biology, 12 janvier 2017