Tout enfant a un certain intérêt pour les sciences, même si cet intérêt est parfois enterré sous une tonne de "Les maths, c'est nul!" ou encore de "Ouais mais ça sert à quoi?". Personnellement, je me rappelle que j'aimais bien les mathématiques et les sciences de la vie et de la Terre. Je voyais les mathématiques comme un jeu de logique et de réflexion, et les sciences de la vie et de la Terre comme un excellent moyen d'en apprendre plus sur le corps humain et sur des choses spectaculaires comme les volcans, la tectonique des plaques, ou encore les tremblements de Terre qui me fascinaient! Mais ce ne sont pas exactement ces sciences-là qui me passionnent le plus aujourd'hui. En fait, on peut dire que j'ai fait pas mal de chemin depuis mes 12 ans, âge auquel j'ai commencé à étudier la physique!

Je me souviens de mes premiers cours de physique : on étudiait la constitution et les propriétés de l'eau (par exemple, la célèbre formule chimique "H2O" qui peut toujours servir lors d'un jeu télévisé), ainsi que les règles de base concernant les courants électriques (la première fois où on crée soi-même un circuit électrique permettant d'allumer une lampe, c'est quand même très fun). Tout se passait bien, même si mon intérêt pour cette science était très très…très discret. C'est entre les âges de 15 et 20 ans que ma relation avec la physique s'est compliquée…

Le "problème" de la physique, c'est qu'elle demande souvent de faire beaucoup de calculs pour être comprise et que ça ne finit pas forcément par nous parler tant que ça dans la vraie vie… Pire, il est très souvent nécessaire de simplifier les calculs en faisant des approximations qui apparaissent à première vue comme du pur bidouillage! J'avais beaucoup de mal avec tout ça et j'en suis arrivé à me dire que je n'étais juste pas fait pour ça, que j'étais vraiment nul en physique. Bref, je la détestais et je me voyais plus musicien à l'époque, même si je me suis finalement orienté vers les mathématiques (je pouvais caresser l'idée d'avoir un bon salaire tout en pouvant faire de la musique à côté).

Avec le recul, je vois maintenant ce qui n'allait pas : le problème ne venait pas de moi, mais plutôt des professeur(e)s que j'avais (je sais, l'excuse classique ;-) ). Ils n'arrivaient pas à m'expliquer en quoi ces approximations étaient absolument nécessaires et passaient également un autre aspect important sous silence : et oui, une approximation, ça ne se fait pas n'importe comment! Ça demande de la réflexion, il faut la créer de façon à traiter le problème qui nous intéresse sans négliger quelque chose d'important dans la vie réelle! Et c'est à 20 ans que j'ai enfin eu un professeur qui a été en mesure de m'expliquer tout ça et de me montrer la puissance de la physique (oui je parle de toi Nicolas, merci infiniment, vraiment). Il y a une subtilité dans la physique que vous ne trouverez pas dans les mathématiques ou dans toute autre science : vous pouvez simplifier vous-même le calcul tout en gardant le maximum de détails possible, faire le calcul, et obtenir quelque chose de parfait à toute fin pratique! Les seules choses que ça prend, c'est de l'ingéniosité et une bonne connaissance du monde qui vous entoure!



Après ce déclic, c'était parti : je commençais à m'interroger sur tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi), les questions les plus naïves amenant souvent aux réponses les plus profondes (essayez "Pourquoi la nuit est-elle noire?" par exemple). Au bout d'un moment, ça devient presque un super-pouvoir : vous connaissez les lois qui gouvernent la matière, la lumière, l'espace, le temps, et vous voyez des choses extraordinaires là où la plupart des gens voient des choses assez banales. Vous expérimentez et travaillez pour affûter cette nouvelle perception du monde et vous finissez par répondre à des questions dont personne n'avait la réponse (en faisant de la recherche quoi). Bref, tout ce savoir finit par faire avancer l'Humanité d'une façon unique, qu'il soit utilisé pour étudier des questions fondamentales ou pour développer de nouvelles applications technologiques! Maintenant, quand on me demande si j'ai le moindre regret quant aux choix que j'ai faits, une seule réponse me vient en tête : "Ooooooh non, pas du tout!". :)

À très bientôt!

Alexis Reymbaut
 - Étudiant au doctorat en physique théorique et vulgarisateur scientifique 
à l'Université de Sherbrooke. - Attaché à la promotion de la science du Regroupement des étudiants-chercheurs en sciences de l'Université de Sherbrooke (RECSUS). - Innovateur à l'école et administrateur au Conseil du loisir scientifique de l'Estrie (CLSE).