Arrivé en fin de secondaire, je savais ce que je voulais: faire de la science et voyager.

J'ai toujours adoré la bio mais je ne me voyais pas chercheur. Venant d'une famille de fermiers, je considérais plutôt la biologie sous le côté appliqué mais sans vouloir devenir agriculteur. Alors, j'ai décidé de m'orienter vers des études de bioingénieur, des «sciences naturelles appliquées», à l'Université Libre de Bruxelles.

Mais l'école secondaire, s'interposa encore une fois entre moi et les sciences, incarnée par le directeur de l'établissement où j'avais terminé avec «satisfaction» ma rétho. Derrière ses lunettes rondes, ses cheveux éternellement collés sur le devant du crâne et son gilet rouge, il me dit sans émotion que «vu mes résultats en sciences, il me déconseillait vivement, lui et l'équipe de professeurs, d'envisager des études universitaires scientifiques». Alors, j'ai été me mettre dans un coin, pour réfléchir.

On avait eu une année spéciale, pleine de grèves dans l'enseignement pour s'opposer aux nouvelles réformes qui finalement sont passées et ont profondément modelé l'enseignement en Belgique. J'étais descendu dans la rue, entièrement d'accord avec les revendications des enseignants et des étudiants.

C'est aussi cette année là que j'ai commencé à écouter Rage against the Machine, Noir Désir, Bérurier Noir et Lofofora. Toute une formation politique en soi!

Mais voilà qu'au final, j'ai eu trois mois de cours sur toute l'année scolaire. Pour le reste, on a du se débrouiller pour étudier. Et avec tout ça, les profs se donnaient le droit de restreindre mon futur? J'étais révolté.

Et c'est à ce moment qu'arrive la prof de... bio! Elle me demande si ça va, je lui réponds que ça va, mais uniquement par politesse. Elle continue en me disant que «ce qui compte, ce n'est pas l'avis des profs mais ce qu'on avait dans les tripes. Si tu veux faire des sciences, vas-y, fais-le et si tu as la hargne, tu réussiras». Rock'n'roll.

Douze mois plus tard, je repasse dans mon ancienne école secondaire. Le regard de quelques-uns de mes anciens profs que je croise est condescendant «alors, c'est dur l'unif, n'est-ce pas?». Je réponds que «oui, mais pas impossible.». Rock'n'roll.

Suite au prochain épisode!