Je dirais d’abord que, tout petit, je me posais pas mal de questions sur la vie et je nourrissais une certaine curiosité vis-à-vis des comportements humains. À l’école primaire, j’étais un as du français, mais pas tellement des autres matières…

J’ai obtenu des notes de passage en sciences pures au niveau Secondaire et je me suis glissé discrètement vers les sciences humaines au Séminaire de Sherbrooke, soulagé de ne plus avoir à faire de calculs intégraux ou à disséquer des souris.

Je sentais que j’avais trouvé une voie, mais je me questionnais quand même sur la pertinence de ma formation scolaire et probablement davantage sur mon goût pour l’école.

Alors, je me suis payé plusieurs semaines de relâche, une bonne centaine en fait… qui m’ont mené vers l’Europe où je me déplaçais en auto-stop. Après un an et à court d’argent et de signes pour me faire comprendre, je suis revenu au Québec et me suis inscrit au programme d’action bénévole Katimavik.

Neuf mois dans trois communautés pour y faire du travail communautaire… l’occasion idéale de mieux comprendre les comportements humains, incluant les miens…

Des chercheurs fouillant le sol

Et là, le hasard m’a frappé. Stationné dans la petite municipalité de Dawson City au Yukon en mai 1978, j’aperçus un bon matin une équipe de chercheurs fouillant le sol. Révélation! Je me suis dit: «c’est exactement cela que je veux faire dans la vie».

Je me suis approché, posant quelques questions, dont la dernière: Pourrais-je joindre votre équipe? La réponse fut immédiate et positive. Mon supérieur chez Katimavik me donna congé… de peinture et je rejoignis les rangs de Parcs Canada où l’on m’assigna un carré de fouille, puis un autre et un autre...

Pendant deux mois, je grattai le sol à la truelle pour mettre au jour des indices sur le quotidien d’une ville qui accueillit, en 1898, des milliers de chercheurs d’or venus de partout dans le monde. Là-bas, au nord, les nuits d’été sont courtes, car le soleil ne se couche que quelques heures.

Installé dans une tente de toile… blanche, je dormais peu et disposais donc de beaucoup de temps pour élaborer un plan… de carrière. L’école m’apparaissait soudain —et pour la première fois— intéressante. J’allais m’inscrire à l’université pour suivre une formation en archéologie.

Choisirais-je Montréal ou Québec?