L’hydrobiologie... en avez-vous déjà entendu parler? Non? Pourtant, je suis sûre que vous êtes un hydrobiologiste qui s’ignore…

Avez-vous déjà pris le temps d’observer les insectes en bord de cours d’eau? Avez-vous déjà élevé des tétards dans un bocal pour les voir se transformer en grenouille? Êtes-vous déjà allé à la pêche? Trouvez-vous les grandes tourbières ou les zones humides reposantes?

Si vous répondez oui à l’une de ces questions, vous êtes déjà un hydrobiologiste amateur…

De mon côté, j’ai fait de ces centres d’intérêts ma passion puis, de ma passion mon métier... je suis hydrobiologiste depuis plus de 10 ans!

Mais concrètement, c’est quoi l’hydrobiologie?

L’hydrobiologie, c’est tout «simplement» la biologie des eaux douces. Simplement n’est pas le bon terme car cette science est parfois complexe. On pourrait croire que c’est une toute petite part de l’écologie mais elle rassemble de nombreuses disciplines.

On y étudie tous les milieux aquatiques continentaux —les rivières, les lacs, les mares, les tourbières, etc.— et tout ce qui y vit: les poissons bien sûr mais aussi les plantes, les insectes, les grenouilles, les crustacés… Et par-dessus tout, les liens sont très étroits avec les autres sciences: l’hydraulique, la géologie, la chimie, la pédologie (étude des sols et de leur formation).

Et au final que fait un hydrobiologiste?

Mon métier consiste donc principalement à effectuer un diagnostic de l’état des milieux aquatiques. C’est parfois un véritable jeu de détective où l’on cherche à comprendre les dysfonctionnements et en trouver les causes. C’est aussi un jeu d’explorateur lorsque l’on recherche l’espèce rare!

Concrètement, nous effectuons des inventaires, des analyses et des mesures «sur le terrain» nous permettant d’établir un bilan de l’état de santé du milieu et des peuplements.

Quand une rivière est abîmée physiquement ou chimiquement, c’est souvent la biologie qui va nous en dire plus. En effet, là où les analyses d’eau nous fournissent une image à un instant «T» —et donc parfois nous faire passer totalement à côté d’un élément— la biologie nous dira si la vie peut se développer dans le milieu étudié.

L’objectif est toujours d’accumuler des connaissances et surtout de trouver des solutions de préservation ou d’amélioration de la qualité des sites. Parfois les objectifs rejoignent aussi la recherche pour mieux comprendre la biologie de certaines espèces.

Si il y a un domaine où il reste beaucoup à apprendre, c’est bien celui-ci. Il y a d’ailleurs de nombreux spécialistes: — les diatomistes: spécialiste des diatomées (microalgues unicellulaires), — les spécialistes du zoo-plancton, — les spécialistes des invertébrés, — les spécialistes des poissons, — les botanistes, ... et bien d'autres.

Que ce soient les diatomées, les poissons ou les plantes, toutes nous indiquent l’état de santé d’un cours d’eau.

Poissons et écrevisses

Vous l’aurez compris, chacun peut trouver son organisme de prédilection ! Pour ma part, je me suis spécialisée dans les poissons (ichtyologie) ainsi que dans les écrevisses (astacologie). Je me passionne tout particulièrement pour les espèces les plus rares, pour lesquelles nous mettons en place des mesures de protection.

Au final, c’est un métier passionnant et varié sur le terrain, au labo, derrière un ordinateur et en réunion pour présenter les résultats… Mais la part la plus délicate consiste souvent à convaincre de l’intérêt de tout ça! Il faut rester en cohérence avec la réalité économique et les usages qui sont faits des rivières.

Ce que j’aime particulièrement c’est ce travail d’équipe entre les différents acteurs de la gestion de l’eau .

Je suis tellement passionnée par ce mêtier méconnu que j’ai choisi de partager mes experiences et diffuser mes connaissances en hydrobiologie en rédigeant un blogue L’hydrobioblog : http://hydrobioloblog.blogspot.fr/