Entre 14 et 18 ans, le système d'éducation française met à disposition des élèves une "conseillère d'orientation". C'est une dame qui peut vous informer sur tous les parcours académiques à suivre pour finalement exercer tel ou tel métier. Je me souviens particulièrement de Mme Kempf, une dame sereine aux allures d'une Blanche-Neige proche de la retraite. Sachant très tôt ce que je voulais faire, j'ai été amenée à la rencontrer rapidement : quel chemin devais-je prendre, quelles options avais-je pour devenir éthologue et suivre les baleines filmées par le Commandant Cousteau ?

Il n'y avait pas 36 possibilités: 1) aller à la fac (surnom de l'université en France) pour faire une licence de biologie, 2) poursuivre avec un DESS (ancienne maîtrise) en biologie des populations et 3) finir par un doctorat en éthologie. MAIS-EN !!!!!!!!! J'allais en passer du temps à étudier. Pas étonnant que le Commandant Cousteau soit tout fripé car comme lui, j'allais être une petite vieille quand enfin je pourrais approcher un cétacé !

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

J'ai 17 ans et arrive le temps des dossiers pour être acceptée dans telle ou telle université. La norme était d'en compiler une dizaine. Sauf que pour une future Steeve Irwin en quête de toute sorte de bébêtes (les baleines n'étaient plus mon seul grand amour à cette époque), un seul dossier suffisait. Ne m'avait-on pas dit qu'il fallait que je fasse une licence en biologie à l'université de la grande ville la plus proche ? N'était-ce d'ailleurs pas dans cette université qu'ils étudiaient la biodiversité du Reid et des espèces vulnérables comme le grand hamster d'Alsace (voir encadré) ?

Parfait ! Remplissons alors un dossier .... pour intégrer un IUT en génie de l'environnement et suivre une cursus de laborantin !! Les IUTs (Institut Universitaire Technologique) permettent d'obtenir un diplôme en 2 ans. Diplôme en poche, un étudiant peut ainsi entrer rapidement dans le monde du travail. Les programmes d'IUT sont donc beaucoup basés sur des connaissances pratiques et non théoriques, contrairement aux programmes des universités françaises. Le diplôme obtenu (DUT) s'apparente d'ailleurs assez bien aux bacs québécois.

L'avantage également des IUTs est aussi dans la diversité des sujets abordés. Je me suis retrouvée à faire de la microbiologie, de la génétique, de la chimie organique, de la chimie moléculaire, de la physique...bref on m'enseignait la science sous toutes ses facettes. Du bonheur en barre...enfin en boîtes de Pétri et tubes à essai, loin des amphithéâtres de 2000 personnes où on assommait les gens de notions théoriques en biologie!!!

Kilt up !

Et mes rêves de Crocodile Dundee dans tout ça ??? C'est donc avec la même confiance que j'avais à mes 11 ans (épisode 1) que j'ai annoncé à mes parents mon départ pour l'Écosse en vue de compléter une licence en biologie animale. Logique quand on ne parle absolument pas la langue et qu'on vient de manger de la chimie pendant 2 ans !!! Quelle est belle cette jeunesse insouciante et ambitieuse. Heureusement que j'avais les parents soit les plus cools du monde soit les plus abasourdis, mis devant le fait accompli.

C'est ainsi que 2 mois plus tard, à la veille de mes 20 ans, je décollais pour un pays connu pour sa langue incompréhensible, pour son chic de la gastronomie (vive les panses de brebis farcies de tous les abats possibles et imaginables), et pour ses lanceurs de tronc en jupette ! Qu'on fasse donc tout de suite taire les mauvaises langues : SCOTLAND IS AWESOME! Mais ceci, je vous en ferais part dans un prochain billet.