Lors de mon premier billet, je vous ai expliqué comment j’en étais arrivée à m’intéresser à la recherche en psychologie sportive... Mais un grand mystère demeure : qu’est-ce que ça fait exactement un chercheur en psychologie ?

L’intervention vs la recherche

Lorsque je dis que j’ai un doctorat en psycho, la première chose que les gens me disent est généralement : « Donc tu es psychologue ? ». Non, je ne suis pas psychologue. Et alors, comme vous vous en doutez surement, la 2e question est : « Hein ?!? Mais que fais-tu alors si tu n’es pas psychologue ? ».

Je sais... c’est compliqué ! Je dois avouer qu’il arrive encore que des gens de ma propre famille se trompent et pensent que je suis psychologue !!!

La plus grosse différence entre les psychologues et les chercheurs en psychologie est la formation reçue. Les deux ont un doctorat, mais le 1er est centré sur le diagnostic et l’intervention en santé mentale alors que le 2e est plutôt axé sur les aptitudes de recherche dans un domaine spécifique de la psychologie.

Vous avez donc sans doute deviné que j’ai opté pour le doctorat axé sur la recherche. Ce doctorat me permet tout de même d’alterner au quotidien entre deux chapeaux : celui de chercheuse en psychologie et celui de consultante en psychologie sportive.

Mon 1er chapeau : Chercheur en psychologie

Le rôle des chercheurs en psychologie est de « fournir des connaissances » à tous ceux qui ont besoin de la psychologie dans leur travail : les psychologues (évidemment!), mais aussi les travailleurs sociaux, les entreprises, les enseignants, les créateurs de jeux vidéos, de publicité, le gouvernement, l’armée... ou dans mon cas spécifique, divers intervenants sportifs - entraîneurs, fédérations, clubs sportifs, thérapeutes, parents d’athlètes, etc.

Lorsque je porte mon chapeau de chercheuse en psychologie, je me pose des questions et je tente ensuite d’y répondre.

La recherche en psychologie sportive

Puisque ma spécialité est la psychologie sportive, les questions que je me pose ont toutes rapport directement ou indirectement au sport. Qu’est-ce qui motive les athlètes à travailler aussi fort? Comment demeurer motivé après une déception ? Est-il possible d’être à la fois heureux et super performant ? Comment les coachs peuvent-ils avoir un impact positif sur leurs athlètes ? Quel est l’impact des autres personnes de leur entourage (parents, coéquipiers, etc.) sur l’atteinte de leurs objectifs ?

Pour répondre à mes questions, je demande à des entraineurs et des athlètes de remplir des questionnaires ou de faire des tests avant, pendant ou après des entrainements ou des compétitions, je rencontre des parents d’athlètes, je filme des séances d’entrainement et analyse les vidéos, je mets des gens dans des situations qui ressemblent au contexte sportif et je regarde comment ils réagissent, etc.

Tout ça dans le but de mieux comprendre ce qui se passe dans la tête des athlètes!

Par la suite, je vais écrire des articles dans des revues, faire des présentations dans des conférences et donner des cours pour partager avec le plus grand nombre de personnes possibles les résultats de nos recherches !

La consultation en psychologie sportive

Et lorsque je porte mon chapeau de consultante - celui que les gens trouvent habituellement beaucoup plus intéressant ! -, je travaille directement avec des athlètes et des entraineurs pour mettre en application ce que les chercheurs (comme moi!) ont découvert dans leurs recherches.

Je vais donc travailler avec des athlètes individuellement ou en équipe pour leur donner des trucs qui les aideront à gérer leur stress, à avoir confiance en eux, à surmonter leurs peurs, à demeurer concentrés malgré les distractions, à contenir leurs émotions dans certaines situations, à communiquer avec leur entraineur... Et aussi travailler avec des entraineurs qui veulent trouver des façons d’intervenir auprès de leurs athlètes pour les motiver, s’assurer qu’ils soient bien dans leur corps et dans leur tête, et maximiser les chances qu’ils performent bien.

Si j’ai bien compris, tu n’es pas psychologue ?

Dans tout ça, je ne vais jamais évaluer les gens afin de savoir s’ils souffrent, par exemple, d’un trouble de personnalité, de dépression ou de troubles alimentaires, et je n’ai pas non plus été formée pour aider les gens à guérir ou apprendre à fonctionner avec de telles difficultés... c’est pourquoi je ne suis pas psychologue !