Dans le dernier billet, nous avons vu les critères scientifiques sur lesquels un chercheur scientifique est évalué. Mais comme je l’ai déjà dit, le chercheur scientifique est aussi un professeur universitaire. Il doit donc être performant non seulement en recherche, mais aussi au niveau pédagogique. Ainsi, lorsque l’université évalue le chercheur pour une promotion, elle l’évalue à deux niveaux étrangers à la productivité scientifique : le chercheur doit également être performant en enseignement et en administration de la science.

Tout chercheur universitaire doit s’investir dans l’enseignement et donc, la majorité des chercheurs donnent de 3 à 20 heures de cours par semaine à des étudiants au baccalauréat, à la maîtrise ou au doctorat. En plus de donner ces cours didactiques à des classes composées de 30 à 250 étudiants, le chercheur doit aussi superviser les travaux de maîtrise et de doctorat des étudiants qui sont dans son laboratoire. Le nombre d’heures de cours et le nombre d’étudiants supervisés entrent donc dans l’évaluation de la productivité du chercheur en enseignement.

Enfin, le chercheur doit s’engager au niveau de l’administration de la recherche, qui concerne toute sorte de comités en lien avec la recherche scientifique tels que les comités d’éthique de la recherche, les comités d’évaluation universitaire, les comités d’enseignements aux étudiants, etc. Le degré d’implication du chercheur dans ces différents comités est ainsi pris en compte dans son évaluation universitaire, lors de la demande de promotion.

En résumé, en plus d’écrire des projets pour obtenir des subventions de recherche, d’entreprendre des expériences et d’écrire des articles scientifiques pour soumission à des revues scientifiques, le chercheur doit aussi enseigner à l’université, superviser les travaux des étudiants diplômés et donner des conférences dans des congrès scientifiques nationaux et internationaux. Il peut aussi donner des conférences publiques pour informer les gens sur son domaine de recherche et, enfin, écrire des livres quand il reste quelques heures à son emploi du temps !

Vous aurez compris que pour devenir chercheur scientifique.... il faut détester la routine ! Si vous n’aimez pas faire la même chose chaque jour, si vous aimez le changement, les défis extrêmes, si vous aimez ne jamais savoir ce que vous ferez dans l’heure ou la journée qui suit, si vous êtes curieux et persévérant, la profession de chercheur scientifique est pour vous. L’ennui ne fait jamais partie de ce travail. Depuis le début de ma carrière, il y a 25 ans, je ne me suis jamais (mais vraiment jamais) ennuyée une seule seconde !

Mais oui, le job de chercheur est souvent difficile. Beaucoup de choses à faire, avec beaucoup de personnes différentes. Et l’on doit ajouter à cela le fait d’être constamment évaluée par ses pairs. C’est parfois difficile pour l’ego. Par contre, la poussée d’adrénaline qui nous habite lorsqu’on analyse les résultats d’une étude de cinq ans, la joie incommensurable et la fierté de voir que notre hypothèse est confirmée, le plaisir de présenter les résultats de nos études dans des congrès scientifiques à travers la planète et d’y rencontrer des collègues qui deviennent souvent des amis et des collaborateurs, le plaisir d’enseigner à la prochaine génération de chercheurs, la sagesse de donner des conférences au grand public et de savoir que notre travail aura un impact auprès des gens dépassent de loin les déceptions auxquelles le chercheur scientifique est confronté jour après jour.

J’espère sincèrement que cette description détaillée en sept billets de la carrière de chercheur scientifique aura su vous informer pour vous permettre de prendre des décisions éclairées. Et si jamais vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à me contacter ! Je serai là pour vous aider à démêler tout cela ! Ça fait partie de mon job... :)