Le prochain marathon est prévu dans quelques jours. Votre condition physique est optimale. Mieux, vous avez aussi réservé dans l'horaire une séance d’imagerie mentale par jour. Vous repassez alors dans votre tête les mouvements à faire, les difficultés psychologiques inévitables à surmonter aux étapes-clés du parcours. Surtout la scène où le 32e kilomètre approche. Et avec lui, le fameux «mur» tant redouté (pour les amateurs d'Harry Potter, c'est l'équivalent de se faire aspirer toute émotion positive par un Détraqueur. Pour les coureurs, vous êtes frappé en un instant d’un cocktail émotif similaire à la dépression nerveuse et à l’épuisement physique... qui heureusement s'estompe à l'arrivée comme par magie!).

Visualisation

Maintenant, visualisez un vrai MUR de brique au beau milieu du parcours. Sentez vos jambes qui deviennent légères tout à coup. Faites-le aussi en vrai, relevez vos jambes pour concrétiser l'imagerie mentale. Ressentez dans votre tête l’effort exigé pour vos enjambés, qui gagnent en puissance et vous propulsent par-dessus. Les mouvements des bras et des jambes fendent l'air en parfaite synchronicité (faites-le!). Vous terminez la course au sprint comme une balle de fusil!

Des chercheurs du Centre de recherche et d'innovation sur le sport ont récemment trouvé comment bonifier l'imagerie mentale pour améliorer la performance sportive. Comme vous venez de le faire, ils ont demandé à des athlètes de saut en hauteur d'inclure l'exécution de vrais mouvements à leur exercice de visualisation habituel. Les résultats sont étonnants.

On le savait, l'imagerie mentale améliore concrètement les résultats sportifs de 30%. Un score qui bondit du tiers à 45% quand on y rajoute les mouvements pendant les répétitions mentales, concluent les chercheurs.

Dureté du mental

La combinaison de mouvements abstraits et concrets utilise un réseau neuronal superposé qui améliore les performances sportives en plus de faciliter la guérison d'une blessure, selon les conclusions de l'étude. À preuve, pratiquement tous les membres de l’équipe olympique canadienne en 1998 disaient utiliser au moins une fois par jour des procédures de répétition mentale par imagerie. Chacune de ces séances durait en moyenne 12 minutes. La visualisation du mouvement, en plus d’améliorer l’efficacité de celui-ci et de permettre au corps de récupérer, influencerait positivement des facteurs psychologiques comme la confiance, la concentration et la motivation. Ces informations ont été compilées par l'Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies de l'Université McGill.

Sources:

- Coupling movement with imagery as a new perspective for motor imagery practice .

- Le cerveau à tous les niveaux -L'imagerie mentale d'une action