La musique est considérée comme une des plus grandes sources de plaisir, pourtant il existe des personnes chez qui elle ne suscite pas d'émotion positive. C'est la découverte que vient de publier une équipe de chercheurs de l'Université de Barcelone (UB) et de l'Institut de Recherche Biomédicale de Bellvitge (IDIBELL) dans la revue Current Biology le 6 mars.

Lors d'une étude précédente, les chercheurs avaient soumis un questionnaire concernant la sensibilité à la musique. 5% des personnes disaient ne pas éprouver de plaisir lorsqu'elles écoutent de la musique. Les chercheurs ont sélectionné 30 personnes qu'ils ont regroupés en trois catégories selon leur sensibilité. Ces personnes on été soumises à deux expériences stimulantes, une liée à la musique et l'autre lié à la récompense monétaire.

Ce type d'activités provoque des réactions physiologiques telles que l'accélération des pulsations du cœur et le changement de conductance de la peau qui ont été relevés. Ces paramètres permettent de mesurer l'activité émotionnelle des individus.

Les résultats physiologiques coïncidaient avec les groupe formés d'après le questionnaire. Les personnes du groupe «insensible» réagissaient à l'argent mais pas à la musique. Ces résultats montrent l'existence d'une incapacité à ressentir une sensation de plaisir lors de stimulus musicaux, ce qui est qualifié d'anhédonie musicale.

L'anhédonie est un terme générale pour désigner les personnes qui n'éprouvent pas de plaisir en réponse aux stimulus comme la nourriture et le sexe. Ces plaisirs sont issus du système de récompense, hors les individus « insensibles »ne présentaient pas d'autres pathologies du circuit de récompense.

«L’idée que des gens peuvent être sensibles à un type de récompense, mais pas un autre, indique qu’il y aurait différentes manières d’accéder au système de récompense», explique Josep Marco-Pallarés, un des chercheurs. Il semblerait que ces manières diffèrent selon les individus.

La sensibilité à la musique reste un mystère du point de vue de l'évolution car il semble qu'elle ne présente pas d'avantage biologique. Cette recherche pourrait nous permettre de «comprendre les bases neurologiques de la musique et la manière dont un schéma abstrait de sons peut se traduire par des émotions», explique Josep Marco.