Certaines bactéries qui recouvrent la surface de notre peau produisent une molécule spécifique qui offre une résistance contre la croissance de tumeurs.

Ce bouclier de protection contre le cancer de la peau est produit par une souche particulière de la bactérie Staphylococcus epidermidis, présente sur 80 % des humains. C’est la récente découverte d’une équipe de chercheurs de l’Université de Californie à San Diego qui a été publiée dans le dernier numéro de Science Advances.  

La particularité de cette souche repose sur le composé chimique 6-N-hydroxyaminopurine (6-HAP) qui freine la multiplication de cellules cancéreuses de la peau, des mélanomes, en inhibant la synthèse de leur ADN.

L’administration par intraveineuse de 6-HAP chez des souris qui présentaient des mélanomes agressifs ont vu ces derniers diminuer de 60 % comparativement au groupe contrôle. Les chercheurs expliquent que ce sont seulement les cellules cancéreuses, caractérisées par une croissance anormale, qui semblent réagir à la molécule 6-HAP, en laissant les cellules saines intactes.

Les preuves s’accumulent comme quoi le microbiome qui recouvre la peau est un élément important à la santé humaine. En fait, nous avons déjà reporté que certaines bactéries retrouvées sur notre peau produisent des peptides antimicrobiennes qui servent de défense contre les bactéries pathogènes comme Staph aureus, [responsable de l’impedigo].

C'est ce qu'affirme Dr Richard Gallo, professeur au Département de dermatologie à la UC San Diego School of Medicine et premier auteur de l’article. De ces observations prometteuses pour la recherche, plusieurs hypothèses se formulent. L’équipe de chercheurs veut explorer l’utilisation de cette souche spécifique comme traitement préventif.