Les Beatles l’ont bien déclaré : « When I feel that somethin'... I want to hold your hand ». Presque 55 ans plus tard, les chercheurs révèlent les bienfaits thérapeutiques de se tenir par la main.

Que ce soit en regardant un film d’horreur, en faisant une marche romantique au bord de la plage ou durant les dernières contractions de l’accouchement, les occasions de tenir la main de son amoureux ne manquent pas. Dans une étude publiée le 26 février 2018, une équipe composée de chercheurs américains, israéliens et français rapporte que tenir la main de son partenaire permettrait d’alléger la douleur ressentie.

Sur la même longueur d’onde

L’étude publiée dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) démontre que tenir la main de son amoureux permettait de synchroniser les battements du cœur, la respiration ainsi que l’activité du cerveau responsable de calmer la douleur. 

Les auteurs ont recruté 22 couples hétérosexuels âgés de 23 à 32 ans, dont quatre étaient mariés. L’activité du cerveau était mesurée par électroencéphalographie, une méthode utilisant des électrodes placées un peu partout sur la tête des participants.  Les femmes étaient exposées à un stimulus douloureux. Lorsque les partenaires se tenaient la main, leurs ondes cérébrales se synchronisaient davantage qu’en l’absence de contact. Plus les ondes étaient synchronisées, moins la femme ressentait de douleur. Le simple fait de se tenir la main réduisait d'un tiers la perception de la douleur.

C’est en partie de l’empathie

Les ondes observées se trouvaient dans la bande alpha-mu associée à la perception de la douleur et à l'empathie. D'autres chercheurs ont auparavant démontré que l’empathie avait un effet analgésique, mais ces auteurs sont parmi les premiers à s’intéresser à la synchronisation de l’activité du cerveau dans le contexte de la douleur. Cette découverte permet de démontrer que se tenir la main serait une expression indirecte d’empathie envers son partenaire. Le geste transmettrait du support émotionnel à la victime.

Comme seulement les femmes ressentaient la douleur dans cette étude, il reste à voir si tenir la main d’un homme serait suffisant pour apaiser ses maux.