Beyoncé se prépare à entrer sur scène à Coachella. Le son des applaudissements se mélange aux cris jaillissant de la foule. Pendant ce temps, à des milliers d’années-lumière de là, des trous noirs interprètent une symphonie pour les oreilles enthousiastes de deux astrophysiciens.

Une équipe de chercheurs à Monash University en Australie ont développé un outil assez sensible pour détecter le son de deux trous noirs entrant en collision. Dans l’étude publiée récemment par le Physical Review X, les auteurs décrivent que grâce à un superordinateur, ils ont réussi à analyser une quantité astronomique de données provenant des trous noirs pour réaliser une simulation précise du son qu'ils produisent.

La symphonie de l’espace

Toutes les trois minutes environ, des trous noirs fusionnent provoquant des vagues dans l’espace-temps, nommées ondes gravitationnelles. Ces ondes sont similaires aux vagues que crée une pierre lancée à la surface de l’eau. Les fréquentes collisions émettent des sons qui n’étaient jusqu’alors pas captés par les détecteurs utilisés. Puisque les sons ont lieu à de très grandes distances de la Terre, ils étaient difficilement distinguables les uns des autres.

Les scientifiques Eric Thrane et Rory Smith n’en sont d’ailleurs pas à leur premier concert. En 2017, ils faisaient partie d’une équipe qui a réussi à détecter les ondes électromagnétiques de deux étoiles à neutrons* entrant en collision.

Les chercheurs espèrent mettre en application leur découverte pour détecter plus facilement les trous noirs situés aux confins de l’Univers.

Les curieux pourront entendre une interprétation du son émis par les trous noirs en suivant ce lien.

*Les étoiles à neutrons sont les étoiles les plus petites et les plus denses jamais découvertes dans tout l’Univers.