L'événement de la semaine


Pour tout trouver sur Internet!


Tous les médias en un clin d'oeil!


Nos nouvelles brèves
  
  


Plus de 1500 questions





Hommage à...
Le monde delon GOLDSTYN
La science ne vous interesse pas?
Dossiers
Promenades


Climat de survivance

(1er décembre 2005) - Les changements climatiques affectent déjà les trop rares pluies du Sahel. Et les populations de cette région aride d’Afrique, située au Sud du Sahara, dépendent des précipitations pour survivre. " L'adaptation des habitants est nécessaire, sinon ce qui les attend, c'est la mort ", soutient Hubert N'djafa Ouaga, en charge du suivi du dossier des changements climatiques au Centre AGRHYMET du Niger.

Agence Science-Presse (ASP) : Comment les habitants du Sahel sont-ils affectés par les changements climatiques ?

M. Ouaga : Ils rapportent une baisse de la pluviométrie et une augmentation de la température, ce qui a pour effet d’entraîner d'importantes diminutions du capital productif du sol. Les pluies sont également devenues plus violentes, ce qui lessive le sol, et sont mal réparties. Les conditions climatiques et de vie deviennent plus rudes pour les Sahéliens.

ASP : Combien de personnes vivent dans cette zone d'Afrique de l'Ouest ?

M. Ouaga : Près de 50 millions de personnes vivent sur ce large territoire qui s'étend sur neuf États : Cap Vert, Sénégal, Gambie, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad et Soudan. La majorité des activités des agriculteurs, des éleveurs et des pêcheurs dépendent de l'accès en eau, ce qui occasionne parfois des conflits. La situation se complexifie aussi avec l'arrivée de nouveaux acteurs, de hauts fonctionnaires et cadres qui se lancent dans l'élevage intensif avec des milliers de têtes de bétail (dromadaires, bovins, ovins). Cela augmente la pression sur l'environnement et sur les petits éleveurs de case qui ne possèdent souvent que 3-4 bêtes.

ASP : En quoi consiste votre travail auprès de ces populations ?

M. Ouaga : Le projet pilote, mis en place par le Centre Régional AGRHYMET avec la collaboration de l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQÀM et Environnement Canada, vise à collecter de l'information sur l'adaptation des populations et les savoirs locaux en matière de prévisions saisonnières traditionnelles.

ASP : Quelles sortes d'indicateurs recueillez-vous ?

M. Ouaga : De manière traditionnelle, les agriculteurs et les éleveurs projettent le temps qu'il va faire à la saison suivante. Ils suivent la croissance des arbres, le comportement des oiseaux, tel le Kelea kelea, l'oiseau mange-mil, et celui des insectes. Ils observent le développement des fleurs et des fruits de différentes espèces végétales, l'arrivée précoce du froid ou encore la couleur de l'Harmattan. Ainsi, la couleur du vent de sable indique une bonne saison si c'est blanc, une mauvaise si la couleur est rouge.

ASP : Qu'allez-vous faire de toutes ces données ?

M. Ouaga : Un de nos mandats est l'information et l'éducation. En diffusant nos données, nous voulons aider les populations à améliorer leur qualité de vie et à produire davantage. La crise alimentaire qui a frappé le Niger cette année nous montre combien elles restent vulnérables aux changements climatiques, aux catastrophes écologiques (invasion de criquets pèlerins) et aux fluctuations des prix (céréales, bétail, etc.) qui en découlent.

Assistez à la conférence de M. Ouaga intitulée Adaptation des éleveurs sahéliens à la variabilité et aux changements climatiques présentée lors de la session " Variabilité du climat ou changements climatiques ? Les impératifs de l’adaptation au Sahel " aujourd’hui de 9 h 30 à 12 h 30.

 


Propos recueillis par Isabelle Burgun