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Nord et Sud, le dialogue
(2 décembre 2005)
- Les nations ne se battent pas toutes à armes
égales face au réchauffement planétaire.
" Cest difficile de mettre en place des mesures
pour sadapter aux changements climatiques dans des pays
qui luttent contre la propagation du VIH ou pour construire un
meilleur système déducation ", notait
Michel Taché, de lAgence
canadienne de développement international lors de la conférence
Apprentissages et collaborations en matière dadaptation
aux changements climatiques. Pourtant, des pays moins nantis
trouvent des outils intéressants, à adopter ici.
Quelles soient riches ou pauvres, toutes les
populations devront sadapter aux changements climatiques
dans les prochaines décennies. Le Protocole de Kyoto arrive
trop tard pour arrêter ce processus. " Le réchauffement
planétaire est un enjeu nouveau pour lhumanité.
Au Nord comme au Sud, nous avons beaucoup à apprendre des
autres manières de sacclimater ", affirme
le président du comité scientifique du Colloque
Science et société : les changements climatiques,
Jean-Pierre Revéret.
Un des enjeux importants touche la communication,
tant au Nord quau Sud. Les similarités entre le Mali
et le Québec sont parlantes. " Les deux pays
observent des changements dans leurs régions désertiques
quelles soient de neige ou de sable. De plus,
les populations qui habitent ces régions sont marginalisées
par leurs pays respectifs et ont un mode de vie plus traditionnel ",
explique Jean-Pierre Revéret. Dailleurs, la plupart
des peuples autochtones maliens et québécois nont
pas de termes pour désigner leffet de serre, même
sils ont mille synonymes à " neige "
ou à " sable ".
Pourtant, beaucoup de ces peuples devront changer
radicalement leurs habitudes. Dans la région du Sahel en
Afrique, les techniques agricoles doivent être modifiées
en trouvant, par exemple, des semences accommodées aux
nouvelles températures. " La solution passe par
une collaboration égalitaire entre les tenants des savoirs
traditionnels et la communauté scientifique ",
croit Jean-Pierre Revéret.
Un beau modèle provient des pays moins développés,
explique la directrice du Département de gestion de l'environnement
à lUniversité Senghor en Égypte, Caroline
Gallez. Des pays comme la Mauritanie ont créé des
équipes qui consultent les populations locales pour trouver
des solutions. " Ces populations appuient et sapproprient
les solutions au problème grâce à ce mécanisme ",
conclut-elle.
Marie-Hélène Verville
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