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Avons-nous vraiment le choix?

(3 décembre 2005) - Des choix, les citoyens en font tous les jours au moment d’évaluer combien il leur en coûte d’améliorer leur qualité de vie. Pour Jean-Marc Carpentier, conseiller en communication scientifique et technique, le choix environnemental se trouve au confluent des deux options : recourir aux solutions technologiques pour réduire ou stabiliser notre consommation d’énergie et améliorer le niveau de vie du plus grand nombre. Solution impossible, diriez-vous ? " Dénouement idéal ", répond le principal intéressé.

Agence Science-Presse (ASP) : Quels sont ces choix technologiques ?

M. Carpentier : Les hydrocarbures constituant à 80 % les seules sources d’énergie disponibles à l’échelle planétaire, les moyens technologiques comme la séquestration ou la minéralisation du gaz carbonique restent fragmentaires, limités et coûteux. Deux solutions existent. La substitution d’énergie est la première. Par exemple, si les Québécois chauffaient leurs maisons au gaz naturel, le surplus d’électricité épargné pourrait être vendu aux Américains, leur offrant ainsi une alternative au lieu de continuer à produire de l’énergie en brûlant les hydrocarbures.

Comme deuxième option, la société doit décider de briser les barrières idéologiques et politiques et privilégier l’utilisation des sources d’énergie éolienne, solaire, thermonucléaire ou nucléaire. Ces choix sociétaux précèdent nécessairement le recours aux solutions technologiques.

ASP : Les citoyens souhaitent-ils faire ces choix ?

M. Carpentier : Dans la mesure où ils continueront à améliorer leurs conditions de vie, oui. Pour faciliter l’accès de la richesse au plus grand nombre et éviter un désastre écologique, les technologies visant à améliorer l’efficacité énergétique auront à évoluer au même rythme que notre besoin de bien-être.

ASP : Le groupe American Environics préconise, pour favoriser la croissance économique, d’investir massivement dans les énergies renouvelables au lieu de s’en tenir uniquement aux quotas limitatifs tels qu’ils sont prévus dans le Protocole de Kyoto. Qu’en pensez-vous ?

Cette affirmation me rend sceptique. Une dépense reste une dépense. Ces investissements seront-ils structurants pour la société ? Profiteront-ils à des secteurs économiques fertiles ? On sait que des sommes d’argent faramineuses ont été injectées pour soutenir la guerre en Irak. Les retombées n’ont bénéficié qu’à un petit groupe d’entreprises. L’Histoire nous a enseigné que les changements sociétaux sont extrêmement rares et ne se produisent qu’avec le support des développements technologiques, pas seulement avec des changements de perceptions. En fin de compte, une approche en terme de qualité écologique et environnementale est plus importante que des considérations économiques.

 


Propos recueillis par Danny Raymond