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La pollution et la bourse
(3 décembre 2005)
- Plusieurs industries, comme les pétrolières,
se retrouvent au banc des accusés des plus grands pollueurs
de notre planète. Chaque année, elles rejettent
dans lair quantité de gaz à effet de serre.
Pour combattre ce terrible fléau, un système se
met en place actuellement en Europe : le droit de rejeter
ces gaz dans latmosphère via des permis émis
par les gouvernements.
Des autorisations pour polluer,
une idée folle ? Pas daprès le président
du comité scientifique du colloque, Jean-Pierre Revéret,
qui animait hier la table ronde Les mécanismes déchange
de droits démission des gaz à effet de serre.
Cette solution centrée sur le marché promet dêtre
efficace dans la lutte aux gaz à effet de serre, croit
le scientifique.
" Ces droits démission sont
distribués aux grandes industries et peuvent séchanger
sur un marché international comme la Bourse ",
explique-t-il. Dans ce système, chaque certificat donne
droit démettre une certaine quantité de gaz
polluants. La quantité de gaz à effet de serre rejetée
dans latmosphère par les gros pollueurs est ainsi
réglementée par le gouvernement.
Le coût de réduction de ces gaz étant
trop élevé pour certaines industries, elles peuvent
donc acheter des certificats à dautres qui nen
ont pas besoin. Lobjectif est de créer un avantage
économique pour les compagnies qui prennent le virage vert.
Comme ce système est nouveau, beaucoup ont
des réserves sur son efficacité réelle. Parmi
les dérapages possibles, il y a le risque que les gouvernements
soient trop permissifs sur le volume de gaz alloué aux
compagnies. Aussi, la méthode de calcul des prix des permis
devra être standardisée à léchelle
mondiale. " Ce processus devra être transparent ",
atteste Qussaï Samak, du Bureau daudiences publiques
sur lenvironnement.
Ce système sera introduit au Canada au cours
des prochaines années. " Nous sommes un des pays
qui rencontre le plus de difficultés à atteindre
les objectifs fixés par Kyoto. Nous devons donc créer
un système national le plus vite possible ",
conclut le président dÉcoressources, Jean
Nolet.
Marie-Hélène Verville
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