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Un peu de science dans votre bière?
(4 octobre 2004) -
Londres, automne 2030. Le paysage audiovisuel britannique sapprête
à accueillir la toute nouvelle émission de télé-réalité.
Le concept : un candidat innocent qui voit son profil génétique
dévoilé devant des millions de téléspectateurs.
D'abord flatté par tant dattentions, il déchante
vite en apprenant quil est porteur du gène de la
fibrose kystique. Il ira même jusquà provoquer
une pause publicitaire imprévue, soffusquant quune
telle information puisse parvenir aux oreilles de sa compagnie
dassurance ou de son employeur !
Plausible ? Peu importe. En fait, cette " émission ",
mise en scène sous la forme dune pièce de
théâtre par léquipe de Frank Burnet,
directeur du programme de sciences graphiques à lUniversity
of West England à Bristol a pour objectif damener
les spectateurs de la pièce à sinterroger
sur les enjeux sociaux quimpliquent les rapides développements
en génétique.
Léquipe de M. Burnet travaille depuis
sept ans à développer des outils de communication
interactifs (pièces de théâtre dans les écoles,
quiz dans les bars ou les supermarchés, animation dateliers
dans les festivals scientifiques) afin de permettre à M.
Tout-le-monde de mieux saisir la complexité des nouvelles
technologies et de leurs impacts sur son quotidien. Ce faisant,
le chercheur espère " ranimer lintérêt
du citoyen pour les sciences mais aussi le réconcilier
avec les scientifiques souvent perçus comme des êtres
étranges, éloignés des préoccupations
du public ".
Le besoin semble urgent si lon en croit plusieurs
études et notamment un sondage réalisé en
2001 par lEurobaromètre révélant que
près des deux tiers des Européens sestiment
mal informés sur la science et la technologie. Or un citoyen
mal informé est un citoyen qui se désintéresse
et qui en viendra éventuellement à se demander sil
est utile de financer des activités dans lesquelles il
ne se sent pas impliqué.
Selon M. Burnet, les journalistes scientifiques
ne sont en aucun cas responsables. Cette situation trouve plutôt
sa cause dans le décalage entre linformation " inévitablement
à sens unique ", telle quelle est proposée
dans les médias et les nouveaux besoins du néophyte
face à des sujets de plus en plus complexes.
Ajoutez à ce déficit dinformation
un petit scandale alimentaire qui viendrait miner la crédibilité
des scientifiques, comme ce fut le cas lors de la crise de la
vache folle en Angleterre, et vous obtenez une situation intenable.
À tel point, sinquiète M. Burnet, qu" au
Royaume-Uni, il existe une véritable angoisse de la part
de la communauté scientifique de voir le public refuser
de continuer à la financer ".
Assistez à la conférence de Frank Burnet, De
mauvaises nouvelles pour les journalistes scientifiques, au
cours de laquelle il abordera la question de lavenir du
journaliste scientifique. Cette conférence est présentée
le mardi 5 octobre de 8h 30 à 9h 45
Erwan Le Fur
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