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Mondialisation du
journalisme scientifique
L'information scientifique au secours du développement
(6 octobre 2004) -
Est-il possible de donner une meilleure visibilité à
la science réalisée en Afrique ou en Amérique
latine? Est-il utopique d'imaginer que le fossé Nord-Sud
puisse être comblé par une meilleure information
scientifique?
C'est le pari derrière le
lancement, en
2001, du réseau Scidev.net (Science and Development
Network) : accroître la quantité
des informations fiables qui, en science et technologie, auront
un impact sur le développement des pays du Sud.
Un pari difficile. "On commence à
voir nos textes utilisés un peu plus dans les journaux
", a expliqué hier Christina Scott, de la télévision
sud-africaine, au cours d'un atelier de trois heures entièrement
consacré à SciDev. Mais pour qu'une nouvelle d'Afrique
intéresse un rédacteur en chef européen,
il faut qu'elle parle d'un désastre (famine, guerre, etc.)
ou qu'elle respire l'exotisme. "Qui plus est, admet-elle,
les rédacteurs en chef continuent d'avoir peur de la
science
ce qui rend la marche encore plus haute pour la
science d'Afrique ou d'Asie."
Mais plus étonnant encore, la science faite
en Afrique ou en Amérique latine semble tout aussi difficile
à vendre aux journaux nationaux ! Une surprise que relève
aussi le dernier bulletin Science Link, de l'association
canadienne (CSWA) : la majorité des nouvelles scientifiques
parues dans les journaux de Colombie proviennent des pays du Nord,
parce que rédacteurs en chef et journalistes préfèrent
se fier à
ce qui a déjà été
publié ailleurs ! Et voilà comment Colombiens ou
Camerounais ne sont pas adéquatement informés sur
la science qui peut les toucher dans leur quotidien.
SciDev n'est pas seul dans le décor. Il existe
depuis 16 ans une agence francophone, Syfia, qui couvre l'actualité
(en général) des pays du Sud. Elle compte quelques
médias parmi ses clients, mais fort peu. Agence de presse
à but non lucratif, financée par l'Agence intergouvernementale
de la francophonie, elle est aussi un réseau de 10 agences
(InfoSud, Jade, Proximités, etc.). Au contraire de SciDev,
qui opère depuis Londres, ou de l'Agence Science-Presse,
depuis Montréal, la plupart des articles propres à
Syfia sont rédigés par des journalistes sur place,
dans les 35 pays couverts.
L'Agence InfoSud, basée en Suisse, s'attache
aussi à offrir, comme SciDev, des articles sur les relations
Nord-Sud : dette, coopération, tourisme, droits de l'homme
et de la femme, etc. Quant au financement, il repose en grande
majorité sur des subventions ou des dons : en 2003, SciDev
en tirait 99% de ses revenus, en provenance de quatre sources,
dont des agences d'aide au développement international
britannique, suédoise et canadienne (ACDI).
Pascal Lapointe
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