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Comment raconter une bonne histoire
(6 octobre 2004) -
En marge de la conférence mondiale sur le journalisme scientifique,
Jay Ingram, animateur et producteur de Daily Planet sur
les ondes de Discovery Channel, nous révèle les
éléments clés dun bon reportage télé.
Ingram est lauteur de près dune dizaine de
bouquins scientifiques, dont trois pour les enfants. Il signe
également une chronique dans le Toronto Star.
" Faire ses devoirs "
Supposons : des archéologues découvrent
des outils datant de la préhistoire. Un journaliste veut
couvrir lévénement. " Dans un
premier temps, ce dernier doit posséder, dores et
déjà, de solides connaissances générales
sur le sujet. Pourquoi ? Car, il arrive ainsi à en saisir
le moteur, lintérêt. En maîtrisant la
matière aussi, il la rend intelligible ",
explique le journaliste.
Du beau monde
Le reporter conseille de choisir ses intervenants
avec soin, et ce avant lenregistrement de lémission.
" Ils doivent bien passer
à lécran, cest-à-dire être
télégéniques et performants. Au théâtre,
notre attention risque dêtre piquée si les
comédiens charment notre il et savèrent
excellents. On se rappelle plus facilement des répliques
et de lhistoire. Cest pareil pour un reportage télé
dans lequel les intervenants sont jeunes, éloquents, engagés,
ont une belle gueule et une forte personnalité ",
remarque M. Ingram.
De la logique
On ne commence pas Boucle dor par la
fin ! Une bonne histoire a une introduction, un cur
où lon insère des rebondissements dans le
but de créer une tension et une fin. Idem pour le
reportage. " Plus que des images saisissantes, cest
lart de la narration qui importe. Parfois, les journalistes
sont trop obsédés par la technique, le cadrage et
la lumière et délaissent quelque peu les éléments
narratifs ", observe-t-il.
Jaime mon public et le public maime
!
Connaître son auditoire sur le bout de ses
doigts est primordial. " Si on sadresse à
des enfants, on essaie de se mettre à leur niveau ",
suggère le reporter. Seconde règle dor selon
Ingram : on évite de submerger le public dun surplus
dinformation. " Sinon le spectateur narrive
plus à filtrer et ne retient aucune donnée. Mieux
vaut en dire moins et prendre le temps de bien décortiquer.
On va à lessentiel. "
Le mot de la fin ? " On ne peut ignorer
le fait que lon reste soumis aux diktats des publicitaires
et des goûts du public. Cest dommage de le dire ainsi,
mais cest en partie la vérité. Nous ne sommes
pas totalement indépendants desprit ",
soupire lanimateur.
Jay Ingram vous livrera dautres secrets sur lart de
faire un bon reportage lors de la conférence Les secrets
du métier (205A), aujourdhui de 14 h à
15 h 30 dans la salle Cartier AB.
Valérie Martin
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