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Mondialisation du journalisme scientifique
L'information du Sud n'est guère plus présente au Nord

(7 octobre 2004) - Il y a 20 ans, une étudiante de James Cornell passait au peigne fin les journaux principaux des États-Unis pour quantifier ce qui nous arrivait des pays en voie de développement. Rien, sinon les désastres ; et évidemment, rien en science. Qu'en est-il maintenant ? Guère mieux, déplore le président et fondateur de l'International Science Writers Association, bien qu’il constate quelques signes d’espoir.


Les causes de cette absence

Nalaka Gunawardene du Sri Lanka, l'un des participants à l'atelier Pour une meilleure diffusion des reportages issus des pays en voie de développement, présenté hier après-midi, explique que la convergence des médias, un phénomène mondial, y est pour beaucoup. En favorisant les nouvelles les plus attrayantes pour le plus large public - le produit le plus facile à vendre — certains sujets sont nécessairement mis de côté. Inutile de dire que, dans l'ordre des priorités des éditeurs, les sciences arrivent loin derrière.

Il peut aussi y avoir des raisons politiques. Jia Hepeng, de la Chine, a rappelé que certaines nouvelles ne sortent tout simplement pas parce que le gouvernement retient l'information. La crise du SRAS en Chine en est un bon exemple. Pendant près de trois mois, le silence absolu des autorités. Mais cette situation change devant le désir de la population d’être mieux informé. Dans le cas de la grippe aviaire en 2004, le gouvernement diffusait beaucoup plus d’information… officielle.

L'anglais, langue des sciences, serait-elle une des planches de salut de la diffusion des sciences ? James Cornell indique que la conversion à l'anglais de la publication de l'Association mexicaine des sciences a augmenté de 30% son facteur d'impact, un indice que ses recherches sont maintenant beaucoup plus citées.

Dans le même esprit, la journaliste Lisbeth Fog, de Colombie, a fondé NOTICyt il y a 3 ans, un service de nouvelles scientifiques en espagnol, qui traduit vers l'anglais certaines nouvelles latino-américaines, ensuite envoyées aux médias dans le monde. Une expérience porteuse d'espoir. " Nous pouvons apprendre les uns des autres, que nous soyons de pays développés ou en voie de développement ", conclut-elle.

Mélanie Robitaille