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Santé des autochtones: bonnes et mauvaises nouvelles

(7 octobre 2004) - Les taux anormalement élevés de méthylmercure, de plomb, de BPC et de PBDE dans le sang des Inuits, les effets qu’occasionne la propension à fumer chez plusieurs d’entre eux, ne sont plus un secret pour personne. La majorité des 630 communautés du Canada connaissent, elles aussi, les conséquences néfastes que cela entraîne sur leur santé.

Les autochtones sont d’ailleurs nombreux, en compagnie de chercheurs canadiens, à croire qu’ils sont les mieux placés pour poser des actions concrètes susceptibles de renverser la situation — leur espérance de vie est plus faible que celle des autres Canadiens. Par exemple, depuis 1998, ils ont banni les billes de plomb utilisées à la chasse. Depuis, les nouveaux-nés ont un taux beaucoup plus faible de plomb dans leur sang.

Par contre, la modernisation de leur mode de vie et des communautés autochtones favorise l’émergence de nouvelles maladies. La sédentarisation, l’obésité, l’introduction dans leurs habitudes alimentaires de gras trans et de sucre, s’avère un véritable poison aussi, sinon plus dangereux, que les résidus de métaux lourds dans leur environnement. " Il y a une guerre à finir avec les aliments trans et les sucres " rappelle le Dr Eric Dewailly du Centre hospitalier universitaire de Québec.

Jeff Reading, de l’Institut de la santé des Autochtones de Toronto, milite pour une augmentation des fonds de recherche alloués par les gouvernements. Plusieurs équipes internationales et multidisciplinaires sont d’ailleurs disposées à partager des connaissances, notamment sur le diabète. " Nous croyons que la médecine indigène peut aider à guérir certaines maladies. Nous devons étudier les avantages de certaines plantes utilisées par les communautés ", croit Pierre Haddad, du département de pharmacologie de l’Université de Montréal.

Denise Proulx