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Dévoiler des secrets au nom
de la démocratie
(8 octobre 2004) -
En préparant la série de reportages portant sur
les programmes de recherche nucléaire en Inde, le chef
de pupitre au magazine India Today, Raj Chengappa, savait que
des erreurs de fait ou de perception pourraient avoir des conséquences
graves sur la sécurité dun milliard de personnes.
" Javais la responsabilité dêtre
honnête et équitable. Cette attitude est indispensable
pour gagner la confiance des gens et leur donner le sentiment
que je respecterai leur point de vue ", explique le récipiendaire
du prestigieux Prem Bhatia Award for Excellence in Reporting
de 1998.
Ray Chengappa a adopté les valeurs du milieu
scientifique dont la recherche de la vérité est
lune des plus fondamentales. Pour latteindre, il a
approfondi ses connaissances en science et technologie mais également
en matière de politique, déconomie, de relations
internationales et en questions militaires sachant quelles
avaient toutes une relation les unes avec les autres. Il a demandé
à des scientifiques de lui expliquer des données
complexes et difficiles à vulgariser, dans un souci décrire
avec des mots simples, afin que les lecteurs puissent bien comprendre
les enjeux. " Je me suis attardé à
de nombreux détails. Jai persisté dans ma
curiosité et jai posé des questions qui pouvaient
paraître anodines et enfantines. Cest souvent dans
les petits détails humains et non-verbaux que se trouve
la compréhension des secrets officiels ",
rappelait-il hier lors de la conférence portant sur la
science et la sécurité nationale.
Vérifier, contre-vérifier, parler
à des experts et à des opposants en provenance dorganisations
non-gouvernementales. " Il faut toujours douter ",
a poursuivi Hervé Kemp, du journal Le Monde. " Sagit-il
de sécurité nationale ou de démocratie? Est-ce
que les informations que je détiens vont aider à
maintenir la paix dans le monde ? Le journaliste doit garder
à lesprit que la démocratie se défend
au moyen des informations confidentielles quil diffusera "
a-t-il ajouté à la suite de M. Chengappa.
Cela ne va pas toujours de soi. Hervé Kemp
a dû argumenter pendant un mois avec son équipe rédactionnelle
avant quelle ne publie un dossier portant sur la reprise
de la recherche sur les armes biologiques en Occident. Et Ray
Chengappa a perdu des contacts précieux qui refusent dorénavant
de lui parler.
Denise Proulx
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