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La fabuleuse aventure du cerveau

(8 octobre 2004) - Les recherches sur le cerveau - les neurosciences - sont présentement parmi les plus excitantes et les plus prometteuses. Trois sommités du domaine sont venues présenter mercredi un aperçu de leurs travaux.

Aujourd’hui, on connaît davantage les mécanismes du cerveau. L’imagerie par résonance magnétique (IRM), a permis de localiser les aires stimulées lors d’une activité. Quant au PET-Scan (tomographie par émission de positons), il permet de visualiser comment les différentes régions interagissent entre elles lors d’un processus cérébral.

Grâce à ces outils, Ravi Menon, professeur de neurosciences au Robarts Research Laboratory, affirme qu’on peut, entre autres, déterminer deux façons de voir les choses : par la perception et par l’action. Une personne dont une région du cerveau serait abîmée en raison d’un accident peut, par exemple, identifier une voiture, mais ne peut reconnaître le dessin de cette même voiture. L’aire de la perception ne s’active pas. Le cerveau peut planifier et anticiper un mouvement, sans que la main remue par la suite. La perception n’est donc pas en lien avec l’action.

Dans le futur, la lecture du cerveau pourra expliquer davantage le fonctionnement de l’esprit des personnes paralysées et des victimes de la maladie de Lou Gehrig.

Selon Oakley Ray, professeur de psychiatrie et de psychologie au Vanderbilt Brain Institute de Nashville, l’IRM sera aussi fort utile pour préciser les mécanismes de la douleur. Dans 35 % des cas, le placebo est plus puissant qu’un médicament. Cela confirme le pouvoir de l’esprit. Et ce, même d’un point de vue négatif : certains cancéreux persuadés qu’ils allaient perdre leurs cheveux, les perdaient vraiment même s’ils absorbaient un placebo !

Enfin, d’après Rémi Quirion, directeur scientifique au Centre de recherche de l’Hôpital Douglas de Montréal, la lecture du cerveau risque d’avoir un impact considérable sur la vie des citoyens. Les employeurs, les assureurs et les agents d’immigration pourraient exiger un examen IRM avant d’embaucher un employé, de servir un client ou d’accueillir un nouvel arrivant. Les décisions de la cour pourraient en être influencées. La neuroéthique promet de soulever de nombreuses interrogations.


Valérie Martin