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Va Savoir! couronne ses lauréats

(Agence Science-Presse) Dès 19h, la salle de bal résonnait du cliquetis des couverts et des airs de jazz de l'orchestre de circonstance... Grégory Charles, en maître de cérémonie consciencieux, relisait une dernière fois ses notes. De chaque côté de lui, deux grands écrans blancs avaient été disposés pour présenter les extraits des films mis en nomination. C'est dans ce décor de gala que les différents acteurs de la communication scientifique québécoise s'étaient donné rendez-vous jeudi soir à la grande salle Monet de l'Hôtel Crown Plaza, pour la remise des prix du 13e Festival international du film scientifique "Va savoir".

Au menu, huit prix pour la centaine de films de cette édition, dont A Nose for danger, Grand prix du Jury, qui portait sur des rats dressés à détecter, par l'odorat, des mines antipersonnel ! "Des films qui montraient la science sous toutes ses facettes, beaucoup d'entre eux touchant des problèmes importants de société", a dit le président du jury (lui-même astronome à l'Institut d'astrophysique de Paris), Daniel Kunth.

On aura vu en effet dans cette édition des films touchant autant la chirurgie esthétique –voire la chirurgie plastique vaginale (!) très en vogue à Beverley Hills…– que les changements climatiques; autant les ravages du dopage sur les athlètes vieillissants que les expériences de clonage; autant les raisons architecturales de l'effondrement des deux tours du World Trade Center, qu'une interrogation sur les pouvoirs réels de l'homéopathie. Ce dernier film, Homéopathy: The Test, remportant d'ailleurs le prix pour l'excellence des contenus scientifiques.

"Il faut faire en sorte que le film scientifique continue d'être un vecteur important de l'explication de la chose scientifique au public", a dit pour sa part Michel Rochon, journaliste à l'émission Découverte de Radio-Canada, dont le reportage Chefs-d'œuvre pathologiques (réalisatrice: Chantal Théorêt), s'est mérité le prix de la meilleure œuvre québécoise. "Pour moi, recevoir un prix compte moins que de savoir que mes reportages ont atteint des spectateurs, transformé leur vision des choses".

Mais encore faut-il que ce qu'on nous communique soit… véridique, non manipulé, autre chose qu'un OFM, c'est-à-dire un "organisme filmique manipulé", si on peut employer l'expression! En couronnant deux fois Opération Lune du Français William Karel, qui manipule sciemment les spectateurs durant 52 minutes, le jury du festival a su récompenser également un film qui démontre, par l'absurde, les dangers de l'image en cette époque de l'information omniprésente. "Un documentaire sur le doute, sur l'esprit critique et mené comme un polar", a d'ailleurs commenté le présentateur.

Enfin, le premier prix du Jury Jeunes scientifiques, qui mettait en compétition cinq films, est allé à un documentaire français, Le fils du roi singe .


Luc Dupont