L'événement de la semaine.


Pour tout trouver
sur Internet!


Tous les médias
en un clin d'oeil!


Nos nouvelles brèves
  
  
  


Notre chronique de
vulgarisation scientifique!



Plus de 1500 questions





Hommage à...
Le monde delon GOLDSTYN
La science ne vous interesse pas?
Dossiers
Promenades









L'escouade psychique du FBI
Par Claude Marcil

Vers la fin de 1979, à New York, on trouva le corps nu et mutilé d'une jeune enseignante de 26 ans sur le toit du HLM qu'elle habitait. Elle avait été brutalement battue au visage et étranglée avec la bandoulière de son sac à main. Ses mamelons avaient été coupées et l'assassin avait écrit à l'encre sur sa cuisse :"Fuck You. You can't stop me. Il n'y avait aucun autre indice; du moins pour les enquêteurs "ordinaires".

Puis, quelqu'un a eu l'idée de contacter l'escouade psychique du FBI. La police leur envoya les rapports, les photographies des lieux du crime de même que le resultat de l'autopsie. Quelque temps après, l'escouade leur suggera de rechercher un homme de race blanche, age de 25 à 35 ans, qui connaissait la victime et vivait ou travaillait tout près, probablement dans le même immeuble. Il n'avait pas terminé ses études secondaires, vivait seul ou dans un foyer monoparental et possédait une vaste collection de matériel pornographique. L'escouade precisa que la police l'avait probablement déjà interrogé.

Apres une enquête qui demanda dix mois d'efforts supplementaires, la police pu mettre en accusation un individu de 32 ans, interrogé auparavant, qui connaissait la victime et vivait au 4ième étage du HLM. Reconnu coupable il fut condamné à une lourde peine. Une autre victime du "profil criminel" la dernière arme, incisive, de l'escouade psychologique du FBI.

Dans "Le silence des agneaux", Jodie Foster, jeune recrue du FBI, interroge un psychopathe dangereux afin d'obtenir des indices qui permettraient de démasquer un meurtrier. Ça c'est du cinéma. Mais pour l"Investigative Unit Support", aussi connue sous le nom de l'escouade psychologique du FBI, ce genre d'expérience fait partie de la vraie vie.

Qui ferait quelque chose comme cela?
C'est au milieu des années 70 que la police américaine a réalisé, avec horreur, qu'une nouvelle sorte de criminel lui faisait face; le prédateur qui tue, au hasard, sans motifs apparents, de purs étrangers: le type de tueur, le plus difficile à arrêter depuis que le crime existe.

Ils chevauchent la vague de violence qui deferle sur l'Amerique depuis 1963. Un des indices les plus fiables, le taux d'homicide, a doublé depuis 1962. 20,000 personnes sont assassinés chaque année. Les autres crimes violents suivent la même tendance. Tous ces crimes restent souvent impunis. 10% d'homicides insolubles après la seconde guerre mondiale, 24% en 1983 soit quelque 5,000 homicides sans solutions; les deux tiers ont peut-être été commis par ces fous du crime qui tuent sans motifs. Non seulement on ne sait pas qui tue, on sait de moins en moins pourquoi.

Il y a toujours eu de tels prédateurs; Gilles de Rais et Elisabeth Bathory au moyen âge, Jack L'Eventreur et le Dr Thomas Cream - un ancien de McGill- il y a un siècle, le boucher de Hanovre, le nécrophile de Winnipeg au cours des années 20 etc. Une fois par dix ans, par vingt ans, un homme se mettait à tuer des étrangers, sauvagement, jusqu'a ce qu'on l'arrête, la plupart du temps par pur hasard. Ces anomalies monstrueuses augmentent à chaque decade. On en compta 6 durant les années 60, 17 dans les années 70 etc.

Dans cette comptabilité sanglante, Jack L'Eventreur serait aujourd'hui detrôné malgré ses six meurtres. Wayne Gacy a tué 33 jeunes, Elmer Henley a violé, torturé et tué 27 adolescents, Dean Coll, l'homme aux bonbons en a tué 30. Sans compter Son of Sam, l'etrangleur de Boston, celui du Hillside, le tueur d'enfants d'Atlanta et tous ceux qui comme le Green River killer de Seattle ou le tueur du zodiaque à San Francisco n'ont pas encore été arrêtés. Le directeur du FBI William Webster estimait il y a quelques années qu'au moins 30 meurtriers en série se promenaient en liberté aux Etats-Unis. Chiffres nettement conservateurs estiment plusieurs polices locales. Selon Elliot Leyton auteur de "Hunting Humans", qui cite des chiffres plus recents du Département de la Justice, ils seraient une centaine.

Ils commettent le genre de crime bizarre, brutal et aberrant qui pétrifie une population: mutilations d'enfants, dépecage de cadavres, nécrophilie etc. Si encore ces tueurs se distinguaient dans une foule comme les monstres qu'ils sont!

Ce n'est jamais le cas. Ann Rule, pourtant une spécialiste des meurtriers en série, a travaillé deux années avec Theodore Bundy, avant qu'il lui vienne à l'esprit qu'il puisse être le tueur qui a assassiné 34 femmes. C'est justement cette normalite mortelle qui dérange les spécialistes des homicides. Pourquoi Dennis Nilsen attachait-il le corps de sa dernière victime sur une chaise lorsqu'il partait travailler? "Because it was nice to have someone to come home to." Ce type de tueurs peut retourner tranquillement chez lui après avoir tué sans soulever le moindre soupçon parmi sa famille ou ses proches. Il n'a aucune difficulté à passer une bonne nuit de sommeil. Ils ne connaissent absolument pas le remords. "Quand c'était fait, j'oubliais tout simplement " expliquait un tueur."

Ce tueur empoisonne et hante les policiers de tous les pays. L'idée même qu'un individu soit tordu au point que sa façon de passer le temps soit de tuer sans arrêt et sans raisons, deprime même le plus endurci des enquêteurs. Ceux-ci, sous la pression qu'on imagine, sont démunis face à de tels meurtriers.

La technique de l'enquête classique est bien rodée. La police se rend sur les lieux du crime, les ratisse, essaie de reconstituer ce qui a pu arriver et lance une enquête méthodique et logique pour déterminer l'identité du criminel. Pendant l'enquête on recueille avec soin des preuves qu'on identifie, consigne et emballe pour examen ultérieur, bien souvent en laboratoire.

Dans la plupart des meurtres, 80% selon le FBI, le tueur a un lien avec la victime. C'est une "affaire de famille." Aussi, la police passe au crible la famille, les amis, les connaissances, des noms reviennent, elle fait enquête etc. On reconstitue le meurtre, ce qui l'a précédé. Rien de tout cela n'est utile dans le cas de ces tueurs en série. Ils ne connaissent pas leurs victimes, ou plutôt, ils n'ont fait leur connaissance que pour les tuer. De plus, jamais de témoins, rarement de survivants. Ceux-ci ne peuvent faire qu'une description sommaire de l'agresseur car le choc, la brutalité de l'attaque sont inouis. De nuit, Theodore Bundy s'est introduit dans un pensionnat qu'il ne connaissait pas; silencieusement, deux heures durant, il a fait le tour des chambres. Une après l'autre, il a attaqué violemment cinq jeunes filles et les a battues. Deux sont mortes.

Et la plupart paraissent tout à fait normaux
Théodore Bundy reconnu coupable de l'assassinat de 32 femmes retournait tranquillement chez lui après ses meurtres sans soulever le moindre soupçon parmi sa famille ou ses proches. Ann Rule, une psychiatre américaine, spécialisée dans les meurtres en série, a travaillé deux ans dans le même bureau que Théodore Bundy sans se douter de rien!

De plus, le tueur peut être à l'autre bout du pays en quelques heures et recommencer. Seule la chance peut relier ses meurtres entre eux.

Utiliser la psychologie pour attraper un criminel n'est rien de neuf. Son origine littéraire remonte à Edgar Allan Poe, le premier auteur de romans policiers, et son origine réelle, l'idée de tracer un portrait psychologique date de 1932. Vers la fin de cette année, au moment où les autorites s'evertuaient à identifier qui avait kidnappé et tué le bébé de l'aviateur Lindbergh, un psychiatre de New York, le Dr Shoenfield, produisit un profil du criminel à partir de l'examen de la scène du crime et des demandes de rançon. Le psychiatre conclut que le crime n'avait pas été commis par un groupe - comme plusieurs le pensaient à l'epoque- mais plutôt par un immigrant allemand solitaire qui vivait dans la communauté allemande du Bronx, était doué en mecanique et avait environ le même âge que Lindbergh. Il avait une grande confiance en lui-même, peu dans les autres et passait la plupart de ses loisirs avec des hommes, même si les femmes l'attiraient.

En septembre 1934, l'arrestation de Bruno Hauptmann confirma l'exactitude du profil
Comment Hitler va-t-il reagir advanant une défaite allemande? Durant la deuxieme guerre mondiale, à la demande de l'Office of Strategic Services, le papa de la CIA, le psychiatre William Langer fit le portrait psychologique d'Adolf Hitler. Il ramassa tout ce qui était connu sur Hitler à l'époque et digéra l'information. Il tenta ensuite de diagnostiquer, à distance, un "patient" qu'il n'avait jamais vu et de prédire ses reactions. Dans les années cinquante on a fait avec succès le portrait psychologique du Mad Bomber de New York et dans les années 60, celui ,completement raté, de l'Etrangleur de Boston.

L'Investigative support Unit a son quartier général à l'Académie du FBI, à Quantico, petit village paisible à une cinquantaine de kilomètres de Washington. Depuis 1935, l'Academie de police du FBI enseigne tous les aspects du crime. Avec son champ de tir, ses laboratoires ultramodernes, sa collection d'armes, l'Académie sert de camp d'entraînement aux futurs agents. Plusieurs scènes de "Le Silence des agneaux" y ont été tournées.

Parmi les professeurs, les spécialistes du cerveau criminel étaient de plus en plus souvent sollicités par leurs étudiants policiers aux prises avec des criminels en série. Avaient-ils une idée du genre d'individus qu'ils devaient chercher?

Au debut, l'escouade ne faisaient des portraits psychologiques qu'à la demande des étudiants. Mais rapidement, à mesure que sa réputation croissait, l'escouade etait consultée aussitôt qu'un crime bizarre restait sans solution. Puis, s'ajoutèrent d'autres crimes.

Vers 1978, on faisait le portrait psychologique de violeurs, d'incendiaires, d'extorsionistes et même de criminels non violents. Mais l'escouade se concentrait sur les crimes violents et sexuels. Les mêmes questions revenaient toujours: Comment selectionnent-ils leurs victimes? Comment les approchent-ils? Comment peuvent-ils les manipuler et les controler? Que font-ils avant le crime? Pendant? Apres? Comment échappent-ils aux policiers? Les criminels sexuels seuls connaissaient les réponses.

A partir de 1978, les douze membres de l'escouade ont fait le tour des pénitenciers pour questionner 36 des criminels les plus violents des États-Unis, de Charles Manson à Richard Speck en passant par David Berkowitz (Son of Sam) On a même visité l'hopital psychiatrique à sécurité maximum de Mendota au

Wisconsin pour interviouer Ed Gein, 77 ans, the Ghoul ofPlainfield" dont les excavations nocturnes dans le cimetière d'une petite ville du Wisconsin inspira "Psycho" de Hitchcock. La plupart ont accepté de collaborer; par remords, pour rendre service, parce qu'ils étaient flattés de l'attention ou pour la joie de revivre leurs crimes.

Les interrogatoires duraient entre 5 et 10 heures. Au préalable, les agents avaient mis au point un questionnaire de 57 pages. David Berkowitz, par exemple, leur a confié que les nuits où il ne trouvait pas de victimes, il retournait sur la scène d'un crime précédent pour le revivre. Un autre meurtrier leur avait aussi révélé comment il s'y prenait pour attirer ses jeunes victimes. Il s'entourait un bras dans un bandage et réclamait leur aide pour transporter des colis à son automobile qu'il prenait soin de stationner dans un endroit désert.

Les membres de l'escouade se sont aussi intéressés aux "fantaisies" des tueurs. Théodore Bundy gardait certains cadavres à qui il refaisait le maquillage et donnait un shampoing. Pourquoi Dennis Nilsen attachait-il le corps de sa dernière victime sur une chaise lorsqu'il partait travailler? "Because it was nice to have someone to come home to."

Ces entrevues ont été disséquées, analysées. Des programmes informatiques ont aidé à faire des recoupements avec les données psychologiques connues. Depuis, lorsqu'un meurtre est commis, l'information (les indices) sont digérés par l'ordinateur puis comparés avec les autres cas. On cherche les liens, une similitude.

Grace à ces entrevues, l'escouade avait desormais une banque d'informations sur les scènes de leur crimes, leurs caracteristiques physiques et personnelles et leur facon d'opérer.

D'autres experiences similaires avaient lieu ailleurs aux Etats-Unis, par exemple le programme de Los Angeles pour appréhender les criminels violents. Finalement en 1982, le FBI créa le National Center for the Analysis of Violent Crime, pour regrouper les efforts fragmentés de tout le pays. On y etudie les crimes les plus sordides, les plus violents, les moins comprehensibles commis par des êtres irrationnels, dégénérés, anormaux, particulierement vicieux: les tueurs en série, les pyromanes, les violeurs etc. Le Bureau acepte egalement un nombre croissant de cas internationaux comme celui de cet assassin de Florence qui terrorise le nord de l'Italie depuis 8 années, tuant une ou deux victimes par année.

Les portraitistes de l'escouade psychique lisent à la loupe les rapports de police et d'autopsie, examinent les photos des victimes et des lieux du crime. Ils cherchent des indices non physiques, des indices de comportement qui aideraient à identifier des inconnus, comme la haine, la rage, l'amour, la peur. Un crime, notamment un crime bizarre, reflète la personnalité de son auteur de la même facon que notre facon d'entretenir et de decorer notre intérieur traduit quelque chose de notre personnalité

Les empreintes psychologiques
Le FBI porte une attention maniaque aux rapports d'autopsie et aux cartes et photos de la scene du crime. Comment la victime a été traitée en révèle beaucoup sur le tueur. Un tueur qui couvre le corps ou le cache dit en fait qu'il se sent mal après son geste. S'il deplace le corps de facon à ce qu'il soit trouvé rapidement cela peut montrer qu'il a des sentiments pour la victime. Il ne veut pas que le corps soit exposé aux éléments; il veut que les victimes aient un enterrement décent. Les portraitistes s'intéressent à la facon dont la victime a été tuée. Les meurtres sexuels sont

généralement commis par poignardages, étranglement ou battage à mort plutot que par des coups de feu. Si le tueur a amené sa propre arme, cela indique un stalker, quelqu'un de bien organisé, même malin, qui vient d'une autre partie de la ville et probablement conduit une auto. Si le tueur a utilisé la première arme disponible, un couteau de la cuisine ou un fil de lampe, cela montre un acte plus impulsif, une personalité plus désorganisé. Cela signifie egalement que le tueur est venu à pied et qu'il demeure près de la scène du crime. Le tueur s'est attaqué au visage? La règle générale est qu'une attaque brutale au visage comme dans le cas du meurtre au Bronx, signifie que le tueur connaissait la victime. Plus l'attaque faciale est brutale, plus le lien avec la victime est étroit. La victime a-t-elle été tué dans un blitz. Cela indique un tueur plus jeune, un adolescent ou un jeune homme dans la vingtaine qui se sent menacé par la victime et a besoin de la rendre inoffensive immédiatement. D'un autre côté si le tueur semble contrôler la situation, s'il a tué lentement et méthodiquement, cela montre une personnalité plus sadique, un homme dans la vingtaine ou la trentaine.

Tout aussi revelateurs sont les actions du meurtrier après le crime. Est-ce qu'il reste sur place, fouillant les affaires de la victime, placant le corps dans des positions rituelles? ou est-ce qu'il tue et se sauve? A-t-il amené quelque chose? Pour interpréter la scène d'un crime le FBI se fie moins à une profonde analyse psychologique qu'aux probabilités statistiques., du gros bon sens et l'expérience gagné en étudiant des centaines de cas. Dans le cas de New York, Douglas était certain que, puisque la fille etait blanche, le tueur devait l’être aussi. Dans la très grande majorité des cas de mutilation, le tueur est de la même race que la victime. La scène du crime montrait une certaine organisation et il estima l'âge du tueur dans le milieu de la vingtaine ou le début de la trentaine. Les boucles d'oreilles de la victime avaient été dévissées et non pas arrachées et placées proprement de chaque côté de la tête.

Pour Douglas, ce genre de conduite mesurée aurait été hautement improbable dans le cas d'un teenager impulsif ou dans les débuts de la vingtaine. De même il était imporbable que le tueur soit à la fin de la trentaine ou au debut de la quarantaine. Ce genre de tueurs a rarement cet age. Les autres caraceristiques de ce cas suivent le même raisonnement. Le FBI sait par ses statistiques que ce genre de tueurs vient de foyers brisés et qu'il ne peuvent entretenir de relations à long terme avec une femme. Ceci amena à penser que le tueur devait vivre seul ou avec un de ses parents. De la facon dégagé avec laquelle il s'est

conduit sur la scene du crime, le FBI estima qu'il devait demeurer tout près. "Il y a passé beaucoup de temps ce qui nous indique qu'il était familier avec le coin " explique Douglas. Et, s'il vivait près de la scène du crime il etait logique que la police l'ait déjà interrogé.

Une fois expliquée, chaque partie du puzzle semble compréhensible mais un profil complet peut surprendre même l'enquêteur le plus expérimenté.

Le profil est "une biographie courte et vivante esquissant les caracteristiques les plus marquantes du sujet." Le profil ne comprend pas tout. Psychologiques ou materielles, les indices varient d'un crime à l'autre; les profils aussi. Le profil peut toutefois révéler la race du tueur, son sexe, son groupe d'âge, son état civil, son emploi, son dégré de maturité sexuelle, la possibilité qu'il ait commis un délit similaire auparavant, l'existence possible d'un dossier criminel, sa réaction face aux questions de la police, l'éventualité qu'il récidive.

Les portraitistes sont tous diplômés en sciences sociales; mais aucun n'est psychologue ou psychiatre. Le côté diagnostic ou thérapeutique du comportement criminel est laissé à d'autres. Les profils sont écrits en anglais standard et on évite comme la peste le vocabulaire spécialisé des psychiatres, lequel n'aide pas beaucoup à arrêter un criminel. Il est plus utile d'avoir l'âge du criminel, son statut marital qu'un diagnostic précis de sa maladie. On ne s'angoisse pas avec la question de savoir pourquoi le tueur tue. L'escouade ne cherche pas à expliquer les actions d'un tueur mais à l'arrêter. Tous ont une expérience substantielle des techniques d'enquête mais la clé de leur expertise est leur familiarité absolument unique avec le fonctionnement du cerveau d'un criminel irrationnel.

De l'avis des meilleurs experts, ils n'ont pas d'égaux. Il est vrai qu'ils continuent à recevoir l'aide des criminels les plus dangereux d'Amerique.

Le Bureau a aujourd’hui des filières remplies à craquer de dossiers de criminels en série. En effet, depuis les entrevues de 1978, l'étude systématique des auteurs de certains crimes s'est poursuivi. On a developpé le Criminal Personality Interview Program pour étudier leurs caractéristiques, leurs motifs, leur comportement. Une des premières constatations est la division possible entre le criminel organisé et le non organisé.

Organisé
Ce tueur est intelligent, quelquefois très intelligent. En société, avec son partenaire, rien ne le distingue; aucun problème apparent. Il peut être en colère ou déprimé au moment de partir à la recherche d'une victime; mais il est prêt, son auto est en bonne condition et il a choisi son terrain de chasse.

Souvent il prefère un certain type de victime et peut investir beaucoup de temps pour la trouver. "I'm a night person. Plenty of times that I went out looking, but never came across nothing an I just went back home. I would sit waiting, and, as I was waiting, I was reliving all the others." Ce qu'il cherche peut être basé sur l’âge, l’apparence, la coupe de cheveux, l’occupation, le mode de vie etc. Il peut viser particulièrement des auto-stoppeurs, des étudiants des infirmières ou des femmes conduisant des autos à deux portes. Il n'attaque pas immédiatement sa victime. Il lui

parle, cherche à gagner sa confiance, attend avant de se servir de la force. Puis, il veut le contrôle total, une victime soumise et, souvent la menace et l'attache.

Lorsqu'il viole, lorsqu'il tue, il est calme, relaxe, et se contrôle parfaitement. Methodique, organisé, il laisse une scène du crime sans empreintes, sans armes, cache le corps ou le transporte ailleurs. Il ramène un souvenir de la victime ou de la scène du crime et prend plaisir à se rappeler ses exploits. Il lit avec plaisir son dossier de presse.

Inorganisé
D'intelligence moyenne ou moins, cet incompétent sexuel a peur du monde, vit seul ou avec ses parents près de la scène de ses crimes. C'est un spontané qui agit sous le stress et trouve une victime dans son patelin. Il peut chercher une victime en frappant aux portes comme Albert De Salvo,

l'etrangleur de Boston. Qui lui ouvre est condamnée, car il tue immediatement. Puis, il défigure la victime et mutile son cadavre. La scène du crime laisse l'impression que celui-ci a été commis soudainement, sans préparations et sans plans d'action pour éviter d'être repéré. On peut même trouver ses empreintes. En général, ils ne prennent pas la peine de cacher le corps; mais certains amènent le cadavre chez eux. Edmund Kemper, par exemple, conservait les têtes de ses victimes, dont celle de sa mere qui lui servait de cible aux dards. Bundy non seulement gardait certains cadavres, mais il refaisait leur maquillage et leur donnait un shampoing.

NCAVC
Actuellement, le Centre étudie le viol, le stress policier, l'incendie criminel et le terrorisme. A l'Académie, l'escouade donne des cours de criminologie appliquée, de psychopathologie et de sociologie ainsi que des cours sur les négociations de prises d'otages, la violence entre les personnes etc. Bien sur, le Service aide les policers à préparer les profils de personnalité criminelle.

Le FBI accepte de fournir des profils dans une étroite sélection de crimes, principalement les viols multiples, les crimes contre les enfants et les meurtres dont le motif est inconnu mais qui revèlent, sur les lieux du crime, des signes d'aberration chez le tueur parce qu'ils se prêtent beaucoup mieux à la technique du profiling. ""The more bizarre the crime scene, dit l'agent John Douglas qui a aidé à faire le profil du tueur du Bronx, "the easier it is to tell what kind of person did it."

L'analyse psychologique ne remplace pas l'enquête de base et les policiers doivent d'abord épuiser toutes les pistes logiques avant de faire appel au service. Celui-ci n'analyse que les crimes, homicides, viols etc . Le profiling ne fournit pas l'identité du criminel mais restreint le champ d'investigation et souvent découvre une piste.

De plus le Centre a formé d'autres spécialistes. Ainsi, chaque bureau regional du FBI a un portraitiste sur place.

Sur les lieux du crime, certains indices non physiques ne peuvent être ni ramassés ni examinés en laboratoire. Mais les policiers formés par le Centre apprennent à reconnaître sur la scène d'un crime, ces émotions ces traits de personnalite qui leur indique le genre d'individu le plus suceptible d'avoir commis un tel crime. On a ajouté la psychologie aux armes contre le crime.

VICAP La derniere addition du Centre est le Violent Criminal
Apprehension Program qui utilise les techniques rôdées depuis longtemps pour retracer les automobiles volées et les armes à feu

pour traquer les meurtriers en série. En opération depuis juin 85, VICAP est un cente de ressource, un clearinghouse pour les crimes violents non resolus: meurtres, viols, etc. On fournit à tous les corps de police l'information necessaire pour coordonner leurs efforts pour arrêter le criminel.

A la demande du Centre, les corps de police remplissent des fiches précises, les VICAP Crime Analysis Forms (description des victimes, modes de mutilation, dissimmulation de cadavres etc.)pour aider l'escouade. Cette collaboration entre les polices permet de relier des meurtres isolés à priori dans differents endroits grace aux desriptions des victimes, à l'analyse des patterns. VICAP détermine si le même pattern existe dans ses filieres. On fournit ensuite aux policiers les dix cas les plus semblables.

C'est la capacite de l'homme pour la cruaute qui nous effraie. Ils rodent dans nos villes comme des betes de proie, complètement indifferents aux peurs et aux souffrances de leurs victimes. Leur seul but est de satisfaire leur appétit.

Pour d'autres dossiers de l'Agence Science-Presse

 

 

 
Science-Presse | Hebdo-Science | Le Cyber-Express | Bibliothécaire Québécois | plan du site