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La fin de la carrière Miron
Par Sabine Bandiera

Je dois d'une demande express de mon boss faire un reportage sur la carrière Miron. La carrière Miron !!! Je ne suis pas enchantée du tout. En sortant du métro, je me dirige vers le site, ennuyée à l'idée de visiter le dépotoir. Mon dernier souvenir remonte à l'époque du dynamitage des tours (les cheminées de la cimenterie Miron ). Je suis stupéfaite en arrivant : c'est immense, moderne et propre.

Le complexe environnemental de Saint-Michel a été aménagé par la ville de Montréal. Il a supplanté la carrière Miron. Le site s'est graduellement transformé en lieu écologique, de  recyclage, d'enfouissement et d'espaces verts. Le complexe demeure le plus grand projet de réhabilitation environnementale de la ville de Montréal.

L'histoire de la carrière Miron commence en 1914. C'était, au départ, une carrière de calcaire. À l'époque, on cassait la roche, on récupérait le calcaire et on le transformait en béton. La compagnie a creusé pendant 60 ans, un énorme trou marquait le site.

En 1968, le propriétaire décide de remplir l'immense cavité de déchets et transforme sa carrière en dépotoir. Pendant prés de 20 ans, la décharge est prospère et on jette des millions de tonnes de détritus de tout gabarit. Durant cette période, le voisinage se plaint constamment des odeurs fétides, des mouettes et de la dégradation de leur quartier.

En 1985, la Ville de Montréal achète le dépotoir. En 1989, elle décide de transformer la décharge en complexe environnemental. Depuis les années 80, le complexe est un enjeu politique municipal : on menace plusieurs fois de le fermer.  Finalement, la ville opte de cesser la réception de déchets ménagers en 2000. Ces détritus sont dirigés vers les dépotoirs de Lachenaie, Sainte-Geneviève, Sainte-Sophie des Laurentides et Saint Nicéphore. Seuls les déchets secs sont encore autorisés. La réception des déchets secs cessera d'ici 2003.

Je suis accompagnée par mon guide Nicolas. Il informe les visiteurs en faisant le tour du site en camionnette. Les visites guidées sont populaires auprès des jeunes des camps de jours et des écoles. Peu de citoyens (adultes) explorent le complexe parce qu'il n'est guère connu auprès de la population. La visite guidée dure une heure et demie et est gratuite.

La premier endroit à voir est la vitrine technologique. C'est le centre d'expertises sur les matières résiduelles. C'est un lieu de rencontre des entreprises de pointe de l'industrie québécoise de l'environnement et de leurs clients potentiels. Elle permet aux visiteurs de découvrir les solutions de la gestion des matières résiduelles. La vitrine est de haute technologie et est parrainée par six partenaires ( Gerad, Gespro , RTT Integra, Odotech, Papiers Perkins et Gazmiont).

L'éco-centre de Saint Michel est situé dans la carrière. Le guide le nomme aussi le lieu de récupération et de recyclage. Les citoyens ont un accès direct à une rampe surélevée et peuvent déposer leurs matières résiduelles à jeter. Ils trient leurs matières selon les catégories suivantes le bois naturel, le métal, le béton et la terre. Il y a aussi une place spécifique pour les produits toxiques, les huiles usées et les peintures à bâtiment.

Après, Nicolas nous amène au centre de tri et de récupération. L'endroit est vaste et très bruyant. On reçoit les matières recyclées de la collecte de Montréal, la fameuse grosse boîte verte! Plusieurs personnes (20) travaillent au triage. Les gens portent des gants et des bouchons dans les oreilles. Le fracas est à peine supportable. Pendant les deux jours de la cueillette des matières recyclables, l'usine fonctionne 24 heures sur 24.
Les matières sont divisées par papier, verre et carton et plastique. Près de 6 % de la matière récupérée est rejetée par ce qu'elle est sale et contaminée. Des tonnes de matières recyclées sont compactées en énormes ballots et vendues à des compagnies de récupération. Elles sont envoyées à des usines de transformation à l'extérieur du complexe.

Ensuite, on monte en camionnette et on se dirige vers le site de compostage des feuilles.

Les feuilles proviennent de collectes spéciales effectuées dans les rues et les parcs de Montréal par les citoyens. Les feuilles sont déposées en andains ( alignements de végétaux, fauchés et déposés sur le sol ) et sont retournées régulièrement . Le compost une fois prêt servira pour les besoins horticoles de la ville.  Deux fois par année, une quantité minime de ce compost est donnée aux Montréalais.  

Le lieu d'enfouissement technique est ce que le guide appelle: l'élimination. Cet endroit est réservé aux déchets secs qui sont compactés sur une grande surface. Ce site contient déjà plus de 34 millions de tonnes de détritus ensevelis. Chaque année, on reçoit 300 000 de tonnes de déchets. Le lieu mesure 75 hectares. Les résidus sont recouverts de terre ( recyclée) avec l'aide de tracteurs. On peut voir quelques mouettes voltiger autour des déchets. Nicolas raconte qu'elles étaient des centaines à l'époque où le site recevait des détritus putrescibles. Cet enfouissement devrait cesser d'ici 1 an car la réception des déchets sera bientôt interdite. Ainsi la totalité des 75 hectares sera recouverte de terre ou de verdure. On aperçoit, déjà, des  parties d'espaces verts agrémentés de fleurs.

Ensuite, nous visitons un vaste champ où curieusement on voit des tuyaux partout liés les uns aux autres. Nicolas nous informe sur les bios-gaz.

Les poubelles produisent, en se décomposant, un bio-gaz même si elles sont ensevelies à plusieurs mètres de profondeur. Le bio-gaz est un mélange de gaz carbonique et de méthane. Ce tandem est jugé dangereux parce qu'il est explosif . Son odeur est aussi une nuisance à l'environnement.  La récupération de ces bio-gaz est essentielle pour protéger notre milieu écologique . Le complexe a installé une véritable plomberie de captage. Le bio-gaz est aspiré et dirigé vers une centrale thermique qui le transforme en électricité. Il y a 300 puits de captage placés verticalement. La centrale se nomme Gazmont, elle vend son électricité à Hydro- Québec. Elle fournit de l'électricité à plus de 12000 résidences de St-Michel et au complexe environnemental.

Petite anecdote : lors de la tristement célèbre Crise du verglas, les 12000 résidences et le complexe n'ont jamais manqué d'électricité grâce au bio-gaz.

 La seconde grande nuisance du complexe est l'eau de lixiviation ou lixiviat.  C'est du jus' de poubelle.  Le lixiviat est l'ensemble des eaux de pluie, de ruissellement et souterraines qui se contaminent au contact des déchets. Pour remédier à ce problème majeur, l'eau de lixiviation est pompée à la surface vers une conduite de refoulement. Ensuite, un compresseur injecte de l'air sous  pression : l'eau mise en contact avec l'air s'oxyde. Ce mixage élimine la plupart des agents contaminateurs de l'eau. Les eaux sont dirigées vers un bassin, passent dans notre réseau d'égouts et finissent à la station d'épuration des eaux usés de la Communauté urbaine de Montréal.

Le complexe utilise une surveillance technologique. Il y a 21 puits de surveillance automatisés qui guettent constamment la présence de toute migration de lixiviat ou de bio-gaz à l'extérieur du site. Un ingénieur dans la petite base vérifie les donnés sur son système informatique. La sécurité n'est jamais sous-estimée. On peut voir plusieurs techniciens se balader sur les différents sites; ils vérifient le fonctionnement de l'équipement de surveillance. Nicolas nous assure qu'à la moindre alerte de défectuosité, la petite base de surveillance est prête, immédiatement, à remédier à la situation.   

À ma grande surprise, Nicolas nous apprend que la plupart des parcs de Montréal sont des anciennes décharges publiques. Nos espaces verts sur l'île ont été aménagés sur des dépotoirs sans surveillance car la sécurité environnementale n'était pas à la mode. Aujourd'hui, seuls, des anciens stationnements sont transformés en parcs touristiques. Heureusement, la carrière Miron est le dernier dépotoir de l'île de Montréal.

Bientôt, il n'y aura plus d'enfouissement de déchets. Les détritus secs ne pourront plus être amener sur le site. Le centre de récupération et de recyclage, ainsi que le centre de tri vont continuer à fonctionner dans le complexe.

Les espaces verts seront agrandis à un tel point qu'un parc va naître, d'ici vingt ans, aussi grand que le  parc du Mont-Royal. Un bassin d'eau sera aménagé avec de l'eau potable pour la baignade. Un site d'escalade sera installé dans les énormes trous de calcaires. La piste cyclable sera allongée, elle fera le tour du site. Des parties viables ont déjà été loués pour l'entrepôt du Cirque du Soleil. La cité des Arts du Cirque va naître incessamment tout près de la vitrine technologique. Des jardins fleuris commencent à orner le site.

La carrière sera vite oubliée et la ville de Saint- Michel (arrondissement devrais-je dire) pourra se targuer de posséder un des plus beau parc de Montréal' sur 340 millions de tonnes de résidus.

Visites guidée ( réservation)
514-872-0761
514-872-9571 (fax)

Site Internet
http//www.ville.montreal.qc.ca

 

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