Publication: décembre
2003.
Les maths à
la sauce New Age
3- Un physicien parmi
les parents
par Pascal
Lapointe
"Ce
qui distingue la pédagogie Waldorf, c'est le respect
du rythme de développement de l'enfant." Et c'est
ce qui a attiré Louis Taillefer, physicien à
l'Université de Sherbrooke, une autorité mondiale
dans le domaine des supraconducteurs, lorsqu'il est rentré
de Toronto avec sa famille en 2002.
Mécontent
de l'enseignement scolaire traditionnel, il cherchait un
lieu où son fils de 7 ans pourrait davantage développer
ses capacités artistiques et son imagination: c'est
ce que permet, à ses yeux, la philosophie Steiner.
L'arrière-plan
ésotérique ne le dérange pas. Il ne
se prononce pas sur la croyance suivant laquelle l'âme
ne s'incarne qu'à 7 ans (ce qui expliquerait, selon
Steiner, qu'on ne puisse apprendre que par le jeu avant
cet âge), pas plus que sur les récits de réincarnation
et d'Atlantide, qui constituent la raison d'être des
orientations pédagogiques décidées
par Steiner. Louis Taillefer insiste plutôt sur les
valeurs morales et l'imaginaire, des choses qu'il importe
bien plus, à ses yeux, de développer à
un tout jeune âge, que les connaissances factuelles.
Un
argument avec lequel même les opposants à Waldorf
sont d'accord: un enfant n'apprend pas de la même
façon qu'un adulte. Mais pourquoi ne pas prévenir
les parents de toute cette philosophie pseudo-scientifique,
demande Yves Casgrain, ex-directeur de la recherche à
Info-secte: "j'ai trouvé des traces de débats
au sein des écoles privées. Dire ou ne pas
dire? Et jusqu'où? Pour ce qui est des écoles
publiques, les premiers pas de l'école Roselière
ont été marqué par ce silence ou par
des omissions troublantes."