En médecine comme ailleurs, trop peut devenir malsain. En cette ère du surdiagnostic, comment éviter de transformer le tout en traitements excessifs ? En fait, comment prévenir le surdiagnostic. C’est la question que nous posons à nos invités cette semaine.

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Le surdiagnostic, ce sont toutes les prescriptions et les examens dont le patient n’a pas vraiment besoin. C’est une « recherche excessive de la maladie ». Quelques exemples :

  • des tests de résonance magnétique pour les maux de dos simples
  • les tests systématiques de dépistage du cancer de la prostate
  • ou encore des bilans de santé annuels, sans aucun problème suspect.

Cette multiplication d’examens sans motifs occasionne du sous-traitement, car ils risquent de ne plus être disponibles pour ceux qui en ont vraiment besoin. Cela entraine aussi un problème de surmédicalisation: trop de pilules, qui peuvent entrainer d’autres pathologies.

Selon les études compilées par l’Institut pour l’amélioration des soins de santé (Institute for Healthcare Improvement), entre 17 % et 30 % des interventions produites aux États-Unis seraient inutiles et évitables.

Effets pervers de la médecine, le surdiagnostic soulève des questions :

  • Comment empêcher d’en faire trop pour les malades sans négliger les soins ?
  • Comment peut-on évaluer financièrement le coût du surdiagnostic ? Les estimations des experts varient pour l'instant entre 600 millions et 2 milliards $.

Le surdiagnostic enfin, c’est le symptôme d’une évolution de notre société, qui a vu apparaître ce qu’un de nos invités appelle des « pseudo-pathologies ».

Isabelle Burgun en parle avec:

  • Dr Hugo Viens, médecin chirurgien, président et porte-parole de l’Association médicale du Québec.
  • Dr Gilles Mignot, qui a fait carrière au Centre hospitalier universitaire de Nice avant de cofonder un des premiers centres français destiné au traitement des douleurs chroniques. Il a été responsable du secteur nouveaux médicaments au sein de la revue indépendante Prescrire pendant plus de 25 ans.


 Jusqu’aux années 1980, le problème de la médecine était de soigner des patients malades. Et maintenant, la société demande à la médecine d’entretenir des corps jeunes, bien portants, sportifs et performants. -Hugo Mignot
 

En fin d’émission, la chroniqueuse cette semaine est Eve Beaudin, journaliste à l’Agence Science Presse pour le Détecteur de rumeurs. Son sujet ce mois-ci: les mythes  autour de la légalisation du cannabis.

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13 h, sur les cinq stations régionales de Radio VM. Elle est également rediffusée pendant la semaine. Elle est animée par Isabelle Burgun. Vous pouvez également nous écouter sur CHOQ-FM (Toronto) CIBO-FM (Senneterre) et CJMD (Lévis).

Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici . Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et sur Facebook .