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Les mystères archéologiques du Québec


par Michel Marsolais


L'histoire du Québec s'est véritablement mise en branle lorsque les glaciers ont amorcé leur recul, il y a 11 000 ans. Et depuis, pour l'essentiel de ce temps, le Québec est resté un vaste territoire très faiblement peuplé. Pas étonnant que nos chercheurs n'aient pas encore trouvé la clé à bien des énigmes du passé.



On sait évidemment que les Amérindiens occupaient le territoire depuis des milliers d'années avant l'arrivée des Blancs. Mais les archéologues s'arrachent toujours les cheveux pour savoir à quel groupe appartenaient les premiers autochtones du pays.

Les scientifiques ont bien remonté la piste linguistique pour découvrir deux grands groupes -la famille iroquoienne et la famille algonquienne- mais on ignore toujours qui était là en premier.

On pense que les Proto-Algonquiens qui ont donné naissance à la plupart des tribus québécoises seraient arrivés par le lac Supérieur alors que les Iroquoiens seraient remontés du Mississipi il y a 4000 ans. Mais, là encore, pas moyen d'être sûr de rien.

Et puis qui étaient les autochtones qui vivaient ici il y a plus de 4000 ans ? Car des datations au carbone 14 ont déjà permis de prouver une occupation humaine au QuÄbec depuis plus de 8000 ans.

Les sens des fresques des premiers Amérindiens (12 sites au Québec, 400 en Ontario) nous échappe aussi. S'agit-il de chamanisme, de graffitis ou simplement de bornes délimitant un territoire ? La question risque de rester sans réponse.


Où est passé Champlain ?

Evidemment les Amérindiens ne connaissaient pas l'écriture et vivaient dans des camps de nomades, ce qui ne facilite pas les choses quand vient le temps d'expliquer le passé. Mais l'arrivée des Blancs n'allait pas signifier pour autant la fin des mystères.

Par exemple, on sait que Samuel de Champlain, fondateur de Québec, est mort le 25 décembre 1635 dans la ville qu'il a fondée. Mais où est son tombeau ? C'est en vain que les archéologues ont creusé le sol du Vieux-Québec pour trouver sa sépulture qui demeure aussi introuvable que celle d'Adolf Hitler.

Une douzaine de fois, on a cru la localiser mais c'étaient des coup de pioches en vain.

Certains chercheurs pensent que le corps de Champlain serait dans une crypte secrète alors que d'autres croient qu'on l'aurait déjà trouvé (possiblement dans l'ancien cimetière qui se trouve sous la basilique et la rue Buade) mais sans le reconnaître. Sans indications précises, rien ne distingue les os de Champlain de ceux des autres colons de l'époque.


Où est passée Hochelaga ?

Un autre mystère auquel Champlain est associé est la "disparition" de la cité autochtone d'Hochelaga.

C'est Jacques Cartier qui fera la première description de cette ville iroquoienne de l'île de Montréal qui abritait environ 2000 personnes en 1535. La bourgade était par ailleurs entourée d'une solide palissade.

Les autochtones étaient du genre sympathiques, puisqu'ils ont accueilli Cartier en lui lançant des galettes de maïs, ce qui est nettement mieux que des cailloux.

Mais lorsque Champlain arriva pour visiter les lieux en 1603 : plus rien! En moins de 80 ans, Hochelaga avait disparu sans laisser de traces. Le nom d'Hochelaga ne refera d'ailleurs surface qu'en 1860.

A un moment, un géologue de l'Université McGill a cru découvrir le site de la cité perdue, avant d'être rabroué par des collègues sceptiques.

On pense que les habitants d'Hochelaga auraient quitté le site en raison d'un des nombreux conflits qui sévissaient entre nations autochtones. Mais il est difficile d'expliquer comment une bourgade de cette importance peut s'évanouir sans laisser une bonne quantité d'artefacts.

Mais c'est peut-être le summum de l'élégance environnementale : disparaître sans laisser de traces...


Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 6 août 2000.