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La pollution au bout de l'accélérateur


par Michel Marsolais


Il suffit de se promener dans un Salon de l'auto pour constater que l'engouement du public pour les véhicules performants est loin de s'éteindre, même si les moteurs à essence constituent un des plus grands fléaux écologiques de la planète.


Alors qu'après la crise du pétrole, dans les années 70, le gouvernement américain avait contraint les fabricants de voitures à produire des moteurs moins gourmands, force est de constater que ce souci a été relégué aux oubliettes depuis plus d'une décennie.

Raffinant leurs produits au niveau de la sécurité, du confort, de la performance et de la versatilité, les constructeurs automobile semblent avoir complètement oublié la notion d'économie d'énergie. La consommation moyenne des voitures modernes est restée à 10,9 litres aux 100 kilomètres depuis des années.

Le consommateur — porté par des modes qui dépassent souvent l'entendement — reste séduit par les gros véhicules utilitaires énergivores, malgré les récentes hausses du coût de l'essence. Quant aux centaines de tonnes de CO2 relâchées annuellement dans l'atmosphère, elles semblent vite oubliées lorsque l'acheteur fait son essai routier chez le concessionnaire.

Alors qu'on piétine depuis des années sur le développement des voitures électriques, la piste des piles à combustible semble une voie prometteuse vers une voiture propre.

En utilisant l'hydrogène comme combustible, ces piles ne produisent que de l'eau comme résidus de combustion.


Solution québécoise

Si la société Ballard, de Vancouver, semble sur la bonne voie quant aux piles à combustible, d'autres avancent aussi des solutions originales.

La petite société québécoise TerraLogix, des Cantons-de-l'Est, annoncait récemment sa fusion avec Adrenaline Advanced Combustion Electronics, de Boston, pour réaliser un système d'injection qui rendrait les moteurs à essence presque non polluants.

Les détails du concept n'ont pas encore été dévoilés pour des questions de brevets mais le système "enrichirait" l'essence avec de l'hydrogène et de l'oxygène.

TerraLogix avait déjà travaillé au projet avec un prototype de Toyota, il y a quelques années, mais le concept semblait s'être enlisé dans des problèmes techniques. On annonce maintenant que le système pourrait être opérationnel d'ici un an et vendu sous licence à un constructeur automobile.


Une solution pour le froid

Au Québec, les voitures sont particulièrement polluantes en hiver. À cause du froid, lors du démarrage, seules les composants les plus volatiles de l'essence sont brûlés par le moteur. Le reste est en bonne partie relâché dans la nature.

On estime qu'environ 80 % de ces émissions polluantes d'hydrcarbure sont produites lors des premières minutes de la mise en marche du moteur, rappelait la revue The Economist.

Des chercheurs de l'Université du Texas à Austin pensent avoir trouvé la solution à ce problème avec un appareil de deux kilos qui sépare les composés volatiles du reste de l'essence pour n'utiliser que les premiers lors du démarrage.

Déjà, les ingénieurs de Ford pensent qu'on pourraient produire en série ce dispositif pour environ 60 $.

Cet exemple fait penser que s'il y avait véritablement une forte demande du public pour des véhicules non-polluants, les constructeurs seraient capables de les produire.

Mais justement, encore faut-il les demander...

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Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 11 février 2001.