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au sommaire de Science pour tous
Le sexe de la science
par Michel
Marsolais
Depuis plus d'une décennie, les instances politiques
et scolaires se questionnent sur les stratégies à
prendre pour que les filles s'intéressent davantage
aux sciences. Bien que celles-ci aient souvent de meilleurs
résultats académiques, la partie est encore
loin d'être gagnée.
C'est un problème récurrent.
Il revient périodiquement, comme un leitmotiv usé.
Dans les discours des ministres et des dirigeants d'écoles
de génie, d'informatique, de physique ou d'aérospatiale,
le propos reste le même : les fille ne prennent pas
leur juste place.
Pourtant, les filles ont plusieurs avantages.
Leurs performances académiques sont souvent supérieures
à celles des garçons et on apprécie
leur minutie et leur sens de l'observation, deux qualités
essentielles à la recherche scientifique.
Selon une récente étude de l'Université
du Québec à Trois-Rivières (UQTR),
les enseignantes auraient une attitude plus positive envers
les filles qu'envers les garçons.
Les chercheurs de l'UQTR avaient demandé
à 32 enseignantes travaillant dans une vingtaine
d'écoles de Montérégie d'évaluer
leurs élèves.
Sur 481 jugés attachants, 55 % étaient
des filles. Ces dernières étant souvent perçues
comme des élèves modèles, alors que
les garçons sont plutôt décrits comme
agressifs et peu dignes de confiance.
Au primaire et au secondaire, le premier de
classe est généralement une fille alors que
le clown de la classe est un garçon.
Des oiseaux rares
Mais malgré un bon départ, les
filles dévient des carrières scientifiques
au collégial et à l'université (exception
faite du secteur de la santé), où elles dominent
pourtant, aujourd'hui.
À l'École polytechnique de Montréal,
les filles ne représentent toujours qu'un cinquième
des étudiants en génie. Dans les départements
de physique ou d'informatique, on ne rencontre qu'une fille
pour sept ou huit étudiants.
Dans les écoles d'aérospatiale
(ÉMAM et ÉNA), on fait des efforts pour mettre
des filles sur les brochures corporatives mais dans la réalité,
elles restent largement sous-représentées.
Les efforts pour sensibiliser les filles aux
carrières scientifiques ne manquent pourtant pas.
En février 2001, la Chaire Marianne-Mareschal organisait
pour une deuxième année une activité
de sensibilisation pour les filles à l'École
de Technologie Supérieure (ETS). L'enthousiasme était
au rendez-vous.
La Chaire Marianne-Mareschal bâtit aussi
un réseau aînées-cadettes, une sorte
de plan de marrainage favorisant les carrières scientifiques.
À Québec, la Chaire Claire-Bonenfant
de l'Université Laval s'intéresse aussi à
la problématique des femmes et des nouvelles technologies.
Scientifines
Dans le cadre de ces efforts pour intéresser
les filles aux sciences, certains vont jusqu'à oeuvrer
sur des terrains jugés peu fertiles.
L'organisme "Les Scientifines" s'est
justement donné un tel mandat auprès des filles
de 4, 5 et 6e années des quartiers défavorisés
de Saint-Henri et Petite-Bourgogne.
D'un projet-pilote de l'Université
de Montréal en 1987, "Les Scientifines"
se sont imposées dans leur milieu, ouvrant de nouvelles
perspectives et aidant les fillettes à faire leurs
travaux scolaires.
Le succès est tel que, dans deux écoles,
sur 146 filles admissibles au programme, 85 s'étaient
inscrites aux Scientifines.
On ne peut sûrement pas contraindre
les gens à embrasser des carrières qui ne
les intéresse pas. Mais on peut au moins leur donner
la chance de montrer qu'ils ou elles peuvent
être à la hauteur.
Première parution: Le Journal de Montréal,
dimanche 25 mars 2001.
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