Science pour tous: sommaire


Avez-vous lu notre manchette de la semaine?

Avez-vous lu nos capsules de la semaine?


Et:

Le Kiosque


Qui sommes-nous?


Publicité


Science pour tous est une production du Journal de Montréal et de l'Agence Science-Presse.

Retour à la page d'accueil de l'Agence Science-Presse

 

Des porcheries pour faire pousser des organes humains


par Michel Marsolais


Alors que les pénuries d'organes à greffer s'accentuent, les spécialistes examinent toujours la possibilité d'utiliser des organes de porcs pour solutionner le problème. Ces organes pourraient même être "cultivés" dans des fermes spéciales.



Réunis récemment en congrès à Genève, les spécialistes de l'Organisation mondiale de la santé ont évoqué la venue prochaine de fermes animales où seront élevés des porcs génétiquement modifiés, capables de donner leur coeur, leur foie et leurs reins aux humains.

Greffer des organes d'animaux reste un gros problème technique tout autant que éthique. Mais comme dit la chanson, "tout le monde veut aller au ciel mais personne ne veut mourir". Entre le trépas et le coeur de cochon, beaucoup n'hésiteraient pas s'ils avaient le choix.

"Il est clair que les organes humains ne résoudront jamais la disette d'organe pour la transplantation. Les organes seront vendus et achetés comme n'importe quelle marchandise", pense la spécialiste britannique Rachel Bartlett.

Rien qu'aux États-Unis, le potentiel de greffes d'organes est de 40 000 par an alors qu'on en réalise à peine 2000, faute d'organes.

Une trentaine de xénogreffes (greffes d'organes d'animaux) ont été tentées depuis 1963, mais toutes ont échoué. Selon une compilation de l'Université de Pittsburgh, la durée de survie des patients a été de quelques heures à neuf fois.

Évidemment, on ne greffe pas les organes de cochons ordinaires. Il s'agit d'animaux sur lesquels on greffe des gènes humains (c'est pour ça que ça s'appelle transgénique) pour déjouer le système immunitaire et éviter le rejet.

Les firmes Imutran (Grande-Bretagne) et Nextran (États-Unis) produisent déjà des porcs transgéniques à cette fin.

 

Malade comme un cochon

L'homme ressemble beaucoup au cochon (demandez à votre blonde) mais les deux ne sont pas toujours victimes des mêmes maladies. Un des grands problèmes des xénogreffes consiste à éviter de transmettre des maladies porcines aux humains.

C'est pourquoi on souhaite élever les porcs modifiés génétiquement dans l'environnement stérile et contrôlé de porcheries spéciales.

Mais c'est une bataille qui est loin d'être gagnée. Les efforts pour produire des porcs exempts de virus capables d'infecter semblent pour l'instant dans un cul-de-sac.

La découverte, il y a quelques mois, de deux rétrovirus de porc potentiellement transmissibles aux humains, fait craindre le pire. Deux instituts de recherche britanniques suggèrent déjà que l'élevage de porcs transgéniques sans virus est pratiquement impossible.

De quoi se faire du sang de cochon...


Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 30 novembre 1997.

 

 

 

En manchettes sur le Net

La Science d'ici et d'ailleurs

Le Kiosque

Science pour tous

Hebdo-Science

Meilleurs sites en science

Bric-ˆ-Brac

CyberExpress

C'est quoi l'ASP

Hommages ˆ...

La Qute des origines

Le Monde selon Goldstyn

Questionnaire