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Terrains à vendre sur Mars


par Michel Marsolais


A qui appartient l'espace ? La question n'est qu'un petit pas pour l'Homme mais certes un pas de géant pour les avocats. Alors qu'une entreprise américaine réclame la propriété d'un astéroïde, des futés vendent des terrains sur la Lune et sur Mars.

 

Les aspects nobles de la conquête spatiale ne font pas longtemps le poids face au mercantilisme humain. Sur Internet, un vendeur de voiture californien fait déjà de bonnes affaires en vendant des terrains sur la Lune et sur Mars à des naïfs qui ont de l'argent à perdre.

En juillet 97, trois citoyens du Yemen déposaient aussi une poursuite contre la NASA pour avoir "envahi" la planète Mars qu'ils considèrent comme leur territoire !

Bien que l'Union astronomique internationale soit la seule autorité en la matière, plusieurs firmes liées à un réseau basé à Chicago offrent aussi de nommer une étoile du nom de votre choix. A Lennoxville, la firme Beltégeuse, aurait ainsi vendu en quatre ans 1000 étoiles à travers le Canada à un coût modique de 86 $ l'unité. Le client reçoit alors un "certificat" qui vaut à peine le coût du papier sur lequel il est imprimé.

Alors que l'homme cherche en vain des traces d'intelligence sur d'autres planètes, il y a des jours où on en cherche même sur Terre...

 

Les entrepreneurs de l'espace


Toutes les tentatives pour s'approprier la propriété de corps célestes ne sont pas aussi loufoques. La firme SpaceDev, détenue par le magnat du logiciel James William Benson, a annoncé en septembre 97 son intention d'envoyer une sonde privée sur un astéroïde d'ici trois ans et réclame des droits de propriété sur ce caillou.

Ce qu'on souhaite, ce sont des droits d'exploitation minière qui pourront être mis en vigueur lorsque la technologie le permettra .

Le projet s'est déjà associé un vétéran du programme Apollo et plusieurs chercheurs de haut calibre et la NASA prennent le projet de Benson au sérieux. "C'est excitant car c'est la première proposition entièrement commerciale pour l'exploration planétaire", confiait un administrateur de l'agence spatiale américaine au magazine New Scientist.

La mission de SpaceDev devrait coûter 50 millions $ et James William Benson affirme qu'il a déjà l'argent. Luna Corp., une entreprise de Virginie spécialisée dans les parcs d'amusement, souhaite aussi envoyer des petits robots de style Sojourner sur la Lune d'ici trois ans.

L'idée est de faire payer des gens sur Terre pour jouer avec les engins téléguidés dans une attraction impliquant la réalité vir tuelle.

Quand vient le moment de faire un dollar, le génie humain est astronomique..


Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 11 janvier 1998.

 

 

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