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En orbite à l'heure de pointe


par Michel Marsolais


Avec la multiplication des satellites, l'orbite terrestre commence à ressembler à une artère du centre-ville à l'heure de pointe. Outre les satellites actifs, l'orbite terrestre est de plus encombrée de débris prisonniers de l'attraction de notre planète.

 

On compte environ 450 satellites en orbite autour de la Terre et pas moins de quelque 150 000 débris provenant d'anciennes fusées ou de vieux satellites.

Le nombre de satellites -et forcément de débris- est appelé à augmenter de façon rapide dans les prochaines années, alors que plusieurs pays se lanceront dans le marché de la mise en orbite pour combler les besoins grandissants en télécommunications.

La nouvelle fusée Ariane V, qui entrera bientôt en service, peut déployer à elle seule huit petits satellites à la fois. Déjà la station Mir a échappé de peu récemment à une collision avec un satellite américain.

 

Trop de débris

Un récent rapport de la NASA vient de souligner que ces débris de vieux engins spatiaux représentent désormais un danger réel pour les astronautes en mission dans l'espace.

Le rapport souligne qu'un bout de métal de quelques millimètres, par exemple un boulon en orbite, peut transpercer un vaisseau spatial et causer la mort d'un équipage.

Une pièce métallique de quelques centimètres peut produire un impact comparable à celui d'une collision avec un camion roulant à 150 km/h.

Pour parer au désastre, la station spatiale internationale, dont la construction doit commencer sous peu, sera dotée d'une coque capable de résister aux collisions avec des objets d'un centimètre de diamètre.

Des objets plus gros, comme de petites météorites, pourraient toutefois causer de sérieux dommages. Un chercheur ontarien estime en outre que les précautions contre les pluies de météorite sont nettement insuffisantes sur cette future station.

 

La navette vulnérable

La navette spatiale, avec sa technologie des années 70, reste particulièrement vulnérable. Le rapport, rédigé par le Conseil national de la recherche (NRC) soutient d'ailleurs que le risque d'une collision avec un débris en orbite représente un danger plus important que celui du décollage.

Pour l'instant les dirigeants de la NASA considèrent que le risque d'une collision avec un débris n'est que de un sur 400 alors que le risque d'un problème au lancement est de un sur 250.

Évidemment, tous les satellites ne sont pas sur la même orbite, mais il faudra sans doute réglementer la circulation dans l'espace pour éviter les collisions...

 


Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 25 janvier 1998.

 

 

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