Les périls d'un voyage vers Mars
par Michel Marsolais
Dans l'euphorie du succès de la mission Mars Pathfinder, beaucoup
ont rapidement prédit l'envoi d'un équipage sur la planète
rouge dans dix ans. Des prédictions qui sont restées dans
l'air avec les Mars Sojourner à l'automne 97, et qui risquent de
le demeurer avec les sondes japonaise et américaines qui doivent
arriver là-bas en 1999. Mais un voyage sur Mars reste une aventure
périlleuse où les astronautes devront affronter radiations,
froids intenses et sautes d'humeur.
L'espace n'est pas un milieu hospitalier. A l'extérieur de la
protection du champ magnétique terrestre, les astronautes en route
pour Mars s'exposent à des rayons cosmiques qui peuvent faire faire
des free games aux cellules du corps.
Des rayons gammas bombardent tous les corps solides. Au moment de la
sélection, les astronautes devront donc subir des tests génétiques
afin de déterminer si certains sont susceptibles de développer
des cancers à cause des radiations.
L'atterissage sur Mars pose un autre problème. Dans les scénarios
actuels, on envoie en tout premier lieu le vaisseau devant servir au retour
et le module habitable, avant d'envoyer les astronautes.
Si le vaisseau des astronautes se pose trop loin du lieu de rendez-vous,
c'est la catastrophe. Les astronautes auront passé six mois dans
l'espace en apesanteur et il y a fort à parier que peu seront capables
de marcher en retrouvant la faible gravité de Mars. Ils leur faudra
se réhabituer. Une jambe brisée ou même une cheville
foulée et c'est encore une fois le désastre.
L'enfer, c'est les autres
Bien que la station Mir démontre depuis 11 ans que des humains
peuvent cohabiter dans l'espace sur d'assez longues périodes, rien
n'a jamais préparé des humains à une mission autre
longue et stressante qu'un voyage sur Mars.
Mir n'est qu'à quelque 300 kilomètres de la Terre. Une
mission martienne durera au moins 18 mois et forcera quatre ou cinq astronautes
à vivre dans l'équivalent d'une roulotte à 140 millions
de kilomètres de chez eux. Le tout dans un froid sibérien.
Imaginez qu'il y en ait un qui ronfle!
Le stress d'une telle promiscuité dans un tel contexte est un
des grands obstacles d'une mission martienne. L'isolation entraîne
aussi facilement la dépression et la paranoïa et il n'est pas
toujours facile d'éviter la bagarre.
Finalement, la moindre maladie peut avoir des conséquences fatales
quand on se trouve aussi loin dans l'espace. Les astronautes subiront sans
doute quelques chirurgies préventives (appendices, par exemple) pour
prévenir certains risques.
Mars sera pour les braves...
Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 28
décembre 1997.
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