Encore le point G!
par Michel Marsolais
Une précédente chronique sur la sexualité nous a valu
de nombreuses réactions de lecteurs et lectrices désireux
d'en savoir davantage sur le fameux point G, nommé en l'honneur d'un
obscur médecin allemand. Chose promise, chose dûe.
Précisons d'emblée que le "G" vient du Dr Ernest
Grafenberg qui, après de longues et possiblement agréables
recherches, a d'abord identifié cette région sensible de la
paroi vaginale située entre l'urètre et la vessie.
Grafenberg a fait la découverte de cet équipement récréatif
au début des années 50 (bien qu'on puisse supposer qu'au cours
des siècles, quelques chanceuses l'avaient découvert avant
lui).
Quelques années plus tard, la découverte de Grafenberg
lui aurait sans doute valu un prix Nobel de la Paix. A l'époque,
elle passa néanmoins sous silence. La découverte de ce bijou
anatomique ne semblait pas suffisante pour effacer les horreurs nazis ou
plus simplement pour intéresser ses contemporains.
Dans les années 50, le moyen le plus sûr de faire grimper
sa bonne femme dans les rideaux, restait de les lui faire laver. Grafenberg
apporta une autre contribution aux loisirs nocturnes en mettant au point
"l'anneau Grafenberg", un des premiers stérilets.
Redécouverte d'une redécouverte
Ce n'est que tard après la révolution sexuelle, en 1982,
que le point G connaîtra sa véritable popularité à
la faveur d'un livre de sexe écrit par trois chercheurs américains.
Berverley Whipple, John Perry et Alice Kahn Ladas dans The G-Spot
and Other Recent Discoveries about Human Sexuality devaient remettre
le point Grafenberg sur la sellette pour de bon. Cette fois, la chose intéressait
tout le monde et les bouquins sur le sujet se sont multipliés.
Une chasse au trésor venait de débuter dans le public.
Car trouver le point Grafenberg est si peu évident que certains contestent
encore son existence. Pour plusieurs femmes, dont plusieurs viennent à
peine de découvrir leur clitoris, le point G reste mythique .
Explorations
Pour trouver le point Grafenberg, quelques vols de reconnaissance s'imposent.
Les femmes auront initialement plus de facilité à le trouver
assise sur le bol de toilette qu'avec leur partenaire. En tâtant la
paroi supérieure du vagin et en appuyant en direction du nombril,
vous devriez être en mesure de découvrir ce point sensible
qui durcira au contact.
La pression sur ce point vous donnera un peu envie d'uriner mais la sensation
devrait se transformer peu à peu en quelque chose de plus plaisant.
Le mode d'emploi reste assez libre pour le reste.
Les femmes devront guider un peu leur partenaire pour qui le point G
représente le même degré d'abstraction que la théorie
de la relativité.
Mais patience et persévérance sont les qualités
des vrais chercheurs...
Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 22
février 1998.
|