Science pour tous: sommaire


Avez-vous lu notre manchette de la semaine?

Avez-vous lu nos capsules de la semaine?


Et:

Le Kiosque


Qui sommes-nous?



Science pour tous est une production du Journal de Montréal et de l'Agence Science-Presse.

Retour à la page d'accueil de l'Agence Science-Presse

 

Le chant du cygne des baleines


par Michel Marsolais


Alors que les baleines, gavées de krill, commencent à quitter l'estuaire du Saint-Laurent, certains se demandent combien de temps encore elles vont revenir. Contaminées par les polluants et encore chassées pour leur huile et leur viande, l'avenir n'est pas rose pour ces géants de la création.

 

Les baleines ont fait la transition de la terre à la mer il y a 70 millions d'années. Dans leur nouvel environnement, elles sont devenues les plus grandes créatures que la Terre ait portées, surpassant même les dinosaures.

Dans la mer, on n'y voit pas pas grand chose et on ne sent à peu près rien. Tout comme l'univers des humains est avant tout visuel, celui des baleines est presque entièrement sonore.

Les cétacés émettent une variété de sons incroyables et des techniques d'écholocation et d'audio-communication qui feraient honte au plus moderne des sous-marins nucléaires.

 

De grandes communicatrices

Les baleines communiquent entre elles, cela est certain. Mais ce qu'elles communiquent est encore un grand mystère. Le chant des baleines dure de 15 minutes à une heure et il est souvent répété avec une précision incroyable.

Les chants complexes changent graduellement, comme une histoire se modifie à force d'être répétée par différents interlocuteurs.

Durant 99,9 % de leur histoire, les baleines ont dominé les mers dans un monde où les hommes n'étaient pas encore apparus. En utilisant les canaux sonores des océans (situés entre des couches d'eau de différentes températures), les baleines pouvaient à une époque communiquer entre elles n'importe où dans le monde, même séparées par 15 000 kilomètres. Un exploit que nous avons peine à réaliser avec tous nos satellites.

Aujourd'hui, la pollution chimique et sonore des océans a réduit les possibilités de communication des cétacés à quelques centaines de kilomètres. Avec l'abondance du trafic maritime, on a aveuglé les baleines... avec du bruit.

 

Assez cétacés

Alors que les humains investissent des millions pour tenter de communiquer avec d'hypothétiques extraterrestres, il est ironique de penser que nous sommes en train de détruire sans remords une des formes d'intelligence les plus avancées et les plus vieilles de la planète.

La chasse, bien que moins intensive que jadis, se poursuit, et la pollution fait son oeuvre. Une récente étude de la coalition suisse pour la protection des baleines indiquait que la chair des baleines de l'Arctique était devenue impropre à la consommation humaine parce que trop contaminée par des polluants comme le DDT, les BPC et le mercure. Cette pollution affecte aussi la reproduction des espèces comme c'est le cas pour les bélugas du Saint-Laurent et de l'estuaire du Saguenay.

Si des extraterrestres voient ce que nous faisons aux autres formes de vie intelligente, il n'est pas sûr qu'ils aient envie de communiquer avec nous...


Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 30 septembre 1998.

 

 

En manchettes sur le Net

La Science d'ici et d'ailleurs

Le Kiosque

Science pour tous

Hebdo-Science

Meilleurs sites en science

Bric-ˆ-Brac

CyberExpress

C'est quoi l'ASP

Hommages ˆ...

La Qute des origines

Le Monde selon Goldstyn

Questionnaire