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Les points G du rire


par Michel Marsolais


Notre chronique sur le rire publiée il y a quelques semaines continue de susciter de nombreuses réactions de lecteurs, prouvant une fois de plus que l'humour est une obsession parfois plus grande que le sexe...

 

Le rire et la sexualité ne sont d'ailleurs pas aussi étrangers qu'on pourrait le croire. Le psychiatre français Éric Smadja, auteur de plusieurs ouvrages sur le rire, estime d'ailleurs que "rire est générateur d'un plaisir corporel et archaïque lié à l'emploi de la sphère orale, éminemment érogène."

En d'autres mots, même déclenché par les mots d'esprit les plus fins, le rire est avant tout un plaisir corporel. Des chercheurs ont répertorié plus d'une centaine de sortes de rire qui sont tous, à divers degrés, une forme de communication.

Cette communication couvre bien des aspects de notre vie en société. Ainsi, le rire peut être agressif (pour se moquer d'un rival pour marquer sa supériorité), défensif (pour ne pas offenser un patron qui vient de nous raconter une blague pitoyable), libérateur (on se détend entre amis) et évidemment sexuel (pas moyen de séduire sans faire rire).


Des blagues universelles


Chez la plupart des peuples de la terre, les plaisanteries à caractère sexuel sont d'ailleurscelles qui font le plus rire, affirment de nombreux anthropologues.

En Occident, Bill Clinton et Monica sont devenus une industrie du rire, générant un répertoire de blagues qui aurait rendu jaloux le regretté Roméo Pérusse.

Les plaisanteries ont souvent en arrière-plan des tentatives (plus ou moins conscientes) de séduction. En France, un dicton ne dit-il pas : "Fille qui rit, à moitié dans ton lit."

 

Les électrodes du rire


Les psychologues et les sociologues ont beau décortiquer le rire, celui-ci n'en est pas moins déclenché dans le cerveau. Des études neurologiques menées par Itzhak Fried à la Faculté de médecine de l'Université de Los Angeles (UCLA) ont montré qu'on pouvait provoquer l'hilarité en envoyant une impulsion électrique dans certaines zones du cortex cérébral.

Alors qu'il tentait de traiter une épileptique de 16 ans, Fried a noté qu'une faible décharge dans le lobe frontal gauche entraînait automatiquement un sourire. En augmentant l'intensité du courant dans ces "points G du rire", on obtenait un véritable fou rire qui faisait perdre tout contrôle à la patiente.

Si le rire est le propre de l'homme (et de certains singes) l'humour est évidemment en partie culturel (combien de fois une série télévisée hilarante dans un pays s'est-elle lamentablement écrasée dans un autre!).

Mais l'universalité des blagues sur le sexe montre qu'au fond, il y a une sorte de culture mondiale du rire. Après tout, une bonne tarte à la crème au visage ou un coup de pied au cul, et tout le monde s'éclate.


Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 25 octobre 1998.

 

 

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