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Des raccourcis dans l'espace


par Michel Marsolais


Einstein a démontré que la vitesse de la lumière (300 000 km à la seconde) était la limite de vitesse permise dans l'Univers. Mais même à cette vitesse fabuleuse, un vaisseau spatial prendrait des siècles, voire des millénaires, rien que pour explorer les environs de notre propre galaxie. Un problème de taille pour les gens pressés que nous sommes.

 

Des physiciens s'arrachent pourtant les cheveux pour trouver des failles dans la théorie de la relativité (voir texte précédent). C'est que l'Univers n'est pas aussi linéaire que nous voudrions le croire. Il est plein de courbes et de replis. Plutôt que de suivre la ligne droite, l'idée, pour aller plus vite, est donc d'aller prendre un raccourci.

La meilleure idée qu'on ait trouvée jusqu'ici est le fameux "trou de ver" (wormhole) de la série Star Trek: Deep Space 9 et de bien des films de science-fiction en mal de raccourcis. Des passages qui ne sont pas incompatibles avec la théorie de la relativité mais qui sont plutôt des "trous dans la loi".

Pour faire une analogie, imaginons que l'Univers n'ait que deux dimensions et ressemble à une bande de caoutchouc qu'on étire. Les astres forment des petites dépressions sur ce ruban. Mais supposons que l'on perce un trou et qu'on y passe. Où se retrouverait-on ?

Il y a de bonnes chances pour que nous aboutissions sur une autre section de notre ruban de caoutchouc. Une section qui aurait pris infiniment plus de temps à rejoindre si nous avions pris la ligne droite au lieu du raccourci.

 

En route pour le trou noir


On pense que ces portes mystérieuses pourraient se trouver au centre des trous noirs. Les trous noirs sont les restes de l'explosion de grosses étoiles (les supernovas). Après l'explosion, toute la matière restante se concentre un un point (une singularité) si dense que même la lumière ne peut y échapper.

Des physiciens d'avant-garde avancent que si cette singularité tourne assez rapidement sur elle-même, elle peut s'étirer, ouvrant un passage vers l'au-delà. On pense qu'un trou noir chargé électriquement pourrait aussi abriter un de ces passages mythiques.

Évidemment, les physiciens qui étudient le domaine marchent sur des oeufs. Trouver des failles dans la relativité, ce n'est pas comme contester la constitutionnalité d'une loi.

 

Einstein s'est-il trompé ?


Alors que certains scientifiques cherchent des raccourcis dans l'espace, d'autres s'attaquent de plein au front au postulat que rien ne voyage plus vite que la lumière.

La NASA possède depuis un an un programme chargé d'examiner la possibilité (théorique) d'un système de propulsion capable de battre la lumière. Un programme qui repose sur les épaules d'un p'tit génie de 38 ans, Marc Millis, dont l'ambition est de devenir le Jacques Cousteau de l'espace.

Un des participants à ce programme est Raymond Chiao, professeur à l'Université de Californie, à Berkeley. Chiao s'est déjà assuré la notoriété en organisant des courses entre deux particules de lumières (les photons) et en en faisant gagner une !

On pense aussi qu'il existerait des particules (les tachyons) plus vites que les photons, donc plus vite que la lumière. Pour corser le tout, on pense que ce qui voyagerait plus vite que la lumière voyagerait aussi... dans le temps.


Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 22 novembre 1998.

 

 

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