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Les dopés du muscle


par Michel Marsolais


Les athlètes professionnels ne sont pas soumis aux tests anti-dopage comme les athlètes olympiques. La tentation de prendre des substances pour améliorer la performance (et faire grimper son salaire) est donc grande. Pourtant, quand on regarde jouer certaines équipes de sport professionnelles, on se dit qu'ils ne doivent pas prendre le bon produit...

 

Le nouveau chouchou du dopage, c'est la créatine. Une substance que plusieurs considèrent d'ailleurs comme un supplément anodin et non comme une drogue pour améliorer la performance. Un lecteur m'a déjà engueulé à ce sujet en soutenant presque que la créatine était un genre de bonbon vitaminé. On argumente qu'il s'agit là d'une substance naturelle mais on pourrait dire ça de l'hormone de croissance, de l'EPO ou du dopage sanguin, des pratiques interdites mais difficiles à déceler.

N'empêche que les joueurs de hockey ne se privent pas de créatine. Avec une consommation de 20 grammes par jour pendant une courte période, les joueurs de hockey peuvent gagner passablement de masse musculaire. Un gain qui ne serait pas possible avec un entraînement ordinaire.

La plupart des athlètes ne se cachent d'ailleurs même pas pour en prendre. Le joueur du Canadien de Montréal Patrice Brisebois a pu prendre 20 livres de muscles grâce à la créatine et l'Américain Mark McGuire a fracassé le record de circuits du baseball avec un cocktail de créatine et d'androstènedione. Vous n'imaginiez quand même pas qu'il avait fait ça en mangeant du gruau ?

La créatine, un acide aminé, aide à récupérer plus vite entre les entraînements et à prolonger ceux-ci en contrant l'accumulation d'acide lactique dans les muscles.

 

Une substance à la mode

La créatine a beau être à la mode et se répandre comme une traînée de poudre dans les ligues mineures, elle n'est peut-être pas aussi bénigne qu'on veut bien le prétendre.

Des chercheurs britanniques l'ont déjà associé à des problèmes de reins et d'estomac, à des diarrhées et autres effets secondaires déplaisants. Il faut dire que les recherches sur la créatine -qui n'est apparue au Canada qu'il y a environ six ans- sont encore jeunes.

Il ne faut pas oublier qu'on voyait jadis beaucoup d'avantages aux stéroïdes anabolisants (les mêmes en fait que pour la créatine) jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que ceux qui en prenaient devenaient agressifs, voire paranoïaques, sans compter les poussées d'acné et la miniaturisation des parties génitales.

C'est peut-être une consolation pour les fans qui se plaignent toujours des salaires faramineux des athlètes professionnels, que de savoir ceux-ci pleins de boutons et avec des petits zizis.

 

Une vraie pharmacie

L'an dernier, on a aussi révélé que plusieurs joueurs, dont Andy Moog, prenaient de l'éphédrime (vendue sous le nom Sudafed) avant le match. Même les bons vieux stéroïdes seraient encore largement courants dans le sport professionnel. On sait aussi que plusieurs joueurs de baseball ont eu des problèmes avec la cocaïne.

En fait, alors que le dopage fait scandale dans certains sports comme le cyclisme, on semble plutôt indifférent à la chose dans le sport professionnel nord-américain.

Le fan moyen serait prêt à donner n'importe quelle potion magique à ses idoles pour qu'ils gagnent un match de temps en temps...


Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 7 février 1999

 

 

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