La conquête de la Lune a 30 ans
1- Quand Kennedy demanda la Lune
par Michel Marsolais
Humiliés par les succès soviétiques, les Américains
venaient à peine de connaître leur premier succès avec
le vol d'Alan Shepard quand le président John F. Kennedy stupéfia
tout le monde avec un ambitueux projet: mettre un homme sur la Lune !
"Nous avons choisi d'aller sur la Lune...pas parce que c'est facile
mais parce que c'est difficile", déclara le jeune président
en 1961, deux semaines après le petit saut dans l'espace du premier
astronaute américain.
L'ampleur de l'objectif surprit même les dirigeants de la NASA.
D'autant plus que le président donnait au pays un délai de
10 ans pour réaliser un exploit dont personne n'entrevoyait encore
la complexité.
Si certains ont cru à l'époque que Kennedy bluffait pour
se faire du capital politique avec des discours inspirants, ils se trompaient.
Kennedy a mis l'argent nécessaire des sommes colossales
derrière le programme spatial américain. S'il n'en est
pas le père, il est certes celui qui l'a mis sur orbite.
La compétition "morale" et politique qui opposait les
États-Unis à l'URSS a évidemment aiguilloné
cette "course" à la Lune.
Dès 1959, les Russes avaient mis au point des sondes lunaires
dont Luna III, qui a retransmis les premières photographies de la
face cachée de la Lune.
La rivalité comme carburant
Tous les experts s'entendent aujourd'hui pour dire que sans la rivalité
entre Russes et Américains, l'Homme ne se serait pas encore posé
sur la Lune. L'orgueuil national s'il est canalisé de manière
constructive au lieu de servir à attaquer ses voisins peut
donner des ailes.
Au début des années 60, pour aller à la Lune, tout
restait à imaginer. Pourtant, huit ans plus tard, le 20 juillet 1969,
"L'Aigle s'est posé" et Neil Amstrong mettait le pied sur
la Lune, notre premier pas sur un monde autre que le nôtre.
Kennedy assassiné à Dallas quelques années
plus tard ne devait jamais voir la réalisation de sa vision.
Mais la base de lancement de la NASA en Floride, en perpétuant son
nom, rappelle sa contribution.
Début catastrophique
Les débuts du programme Apollo comme ceux de tout le programme
spatial américain furent pourtant plus que laborieux.
Le 27 janvier 1967, les trois astronautes d'Apollo 1 Ed White,
Roger Chaffee et Virgil "Gus" Grissom (deuxième Américain
dans l'espace) furent grillés vifs après qu'un incendie
se fut déclaré dans le module de commande.
Après Apollo 1, on décida de tester les fusées suivantes
sans équipage. Deux missions ne portèrent pas le nom Apollo
et ce n'est qu'avec Apollo 4 qu'on renoua avec la redoutable fusée
Saturne V qui emporterait éventuellement des hommes sur la Lune.
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Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 4 juillet
1999
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