La conquête de la Lune a 30 ans
3- On a marché sur la Lune
par Michel Marsolais
La plupart des plus de 40 ans se rappellent très bien où ils
se trouvaient lorsque Neil Amstrong a posé le pied sur le sol lunaire.
Mais beaucoup ont oublié les moments critiques qui ont précédé
ce premier alunissage.
Buzz Aldrin se rappelle qu'avant le départ d'Apollo 11, on leur
avait répété de penser à leur sécurité
et d'avorter la mission en cas de pépin. La NASA avait d'ailleurs
donné à l'équipage l'assurance qu'il serait réassigné
immédiatement à une autre tentative (personne ne voulait se
faire chiper l'honneur d'être les premiers hommes sur la Lune) en
cas d'échec.
Ce moment critique est arrivé alors que le module lunaire
le LEM descendait vers la surface et qu'un voyant jaune s'est allumé
sur le tableau de bord. Dans le module de commande, Collins cherche la checklist
pour vérifier de quoi il s'agit.
C'est l'ordinateur de bord, qui surchargé de demandes d'information,
en retarde quelques unes. Les astronautes tentent de rester calmes.
À 1000 mètres au dessus du sol, un autre voyant d'alarme
s'allume. Encore une fois, l'ordinateur est surchargé.
Dans l'espace comme à Houston, tout le monde retient son souffle.
D'autres alarmes se mettent à clignoter et Amstrong et Aldrin réalisent
qu'ils se dirigent vers un énorme cratère.
Amstrong prend alors le contrôle manuel du LEM et cherche à
se poser. S'il cherche trop longtemps, le LEM ne disposera plus d'assez
de carburant pour redécoller.
Lorsque finalement il parvient à se poser, il ne lui reste que
quelques secondes de carburant en réserve.
Il y va alors de la première phrase prononcée sur la Lune
: "Houston, Tranquility base here. The Eagle has landed !" (Houston,
ici la base de la Tranquillité. L'Aigle (le nom donné au LEM)
s'est posé).
On commence à respirer
Houston répond : "Vous aviez une bande de gars ici en train
de devenir bleus. On recommence à respirer. Merci."
Le Capcom de Houston ajoute : Il y a beaucoup de visages souriants ici
et partout à travers le monde. Amstrong répond: "Deux
de ceux-là sont là-haut".
"Et n'oubliez pas celui qui est dans le module de commande",
renchérit Michael Collins, en orbite.
La fine poussière lunaire s'est posée rapidement après
l'alunissage du LEM et les astronautes se sont affairés pour leur
sortie historique. Le reste est plus connu...
Un moment d'histoire
L'assistance du contrôleur de vol Steve Bales, à Houston,
aura été cruciale lors des moments critiques qui ont précédé
l'alunissage. Ce dernier recevra d'ailleurs la Médaille de la Liberté
en même temps que Collins, Amstrong et Aldrin.
Ce dernier dira : "Ça été bien plus que trois
hommes dans une mission sur la Lune, bien plus qu'un effort du gouvernement,
de l'industrie ou même d'une nation. Nous croyons que ceci restera
un symbole de l'insatiable curiosité humaine d'explorer l'iconnu."
Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 18
juillet 1999
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