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Science et religion ne font pas toujours bon ménage


par Michel Marsolais


La période de Noël voudrait réconcilier tous les hommes. Mais la science et la religion restent chacun de leur côté de la barricade. A l'heure où la science n'a jamais été aussi présente dans nos vies, des croyants mènent toujours l'assaut contre le scepticisme rationnel.

 

C'est un dilemme difficile à résoudre. Pour les Chrétiens fondamentalistes, Dieu a créé la Terre et l'homme en sept jours il y a moins de 10 000 ans. Pour la science, la Terre n'est qu'une planète dans un Univers de 15 milliards d'années et l'homme est le fruit d'un processus d'évolution qui a débuté il y a 4 milliards d'années.

Les croyants voient une Terre au centre de tout (puisqu'elle abrite toutes les créatures de Dieu), les scientifiques n'y voient qu'une planète parmi tant d'autres dans un insignifiant système solaire situé vers l'extérieur d'une spirale de notre galaxie, la Voie Lactée. Il existe des milliards d'autres galaxies et la vie ailleurs est une forte probabilité.

Pas facile de faire des compromis entre deux pareilles positions ! D'un côté, la planification divine; de l'autre la combinaison du chaos et du hasard.

Les croyants ont eu longtemps le haut du pavé. En traduisant devant l'Inquisition des gens comme Galilée et en brûlant des astronomes comme Giodarno Bruno, l'Église n'a évidemment pas encouragé les théories scientifiques.

 

Darwin attaqué

Le naturaliste Charles Darwin craignait lui aussi tellement l'opprobre de l'Église qu'il souhaitait que son livre, De l'origine des espèces ne soit publié qu'après sa mort.

Ce n'est que parce qu'il craignait d'être "scoopé" dans sa théorie de l'évolution par un de ses étudiants qu'il a finalement publié l'ouvrage en 1859. Effectivement, il fut d'abord ridiculisé et pendant près d'un siècle, des professeurs enseignant la théorie de l'évolution furent persécutés.

Un récent procès aux États-Unis, où témoignait le paléontologue Stephen Jay Gould, a finalement débouché sur l'interduction de la Bible en tant que théorie de l'évolution.

Époque révolue ? Pas du tout puisque les créationnistes américains reviennent à la charge ces temps-ci en s'attaquant à nouveau à ce pauvre Darwin. Et qu'ils ont remporté une importante victoire en août 1999 au Kansas.

Ces créationnistes se sont toutefois adaptés aux nouvelles réalités. Alors que Darwin proclamait que l'évolution était un processus de sélection naturelle où le hasard jouait un grand rôle, certains créationnistes prétendent désormais que Dieu aurait inscrit l'évolution dans les gènes.

Malgré leurs différences, la science et la religion ont plus de choses en commun qu'elles n'osent l'admettre. Principalement, elles tentent toutes deux de répondre aux trois grandes et angoissantes questions pour tout être humain: qui sommes-nous? d'où venons-nous? où allons-nous?


Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 21 décembre 1997

 

 

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