Les découvertes qui ont changé notre
quotidien
1ere partie: 1900-1920
par Michel Marsolais
Pour certains, la science n'évoque que des expériences
contestables de clonage, de mise au point de supraconducteurs
ou d'envoi de sondes vers de lointaines planètes. Des
choses qui semblent a priori très loin du quotidien. Pourtant,
depuis un siècle, les découvertes scientifiques
et technologiques ont complètement modifié notre
vie de tous les jours.
Les inventions qui nous semblent aujourd'hui banales ont pourtant
amené leur lot de révolutions à l'époque
qui les a introduites. Et malgré nos crises de nostalgie,
peu d'entre nous voudraient vivre comme nos ancêtres du
début du siècle. L'électricité et
l'eau courante ont du bon!
Prenez par exemple la machine à laver les vêtements,
qui date de 1901. Cette invention qui devait alléger singulièrement
les tâches ménagères était pourtant
handicapée à son lancement, parce que le détergent
n'a été inventé qu'en 1916. La première
machine automatique, conçue par la compagnie Bendix, est
venue laver l'honneur des chercheurs en 1937.
1901 reste une année faste, puisque c'est aussi à
cette période qu'un plombier américain invente
l'aspirateur, qui sera commercialisé plus tard à
grande échelle par la compagnie Hoover.
Changer la face du monde
Le visage de la population est aussi transformé en
1901 par l'invention du rasoir Gillette (peut-être à
l'instigation de madame Gillette?). Adieu le look «pope
orthodoxe» que les hommes adoptaient dès la vingtaine.
On ne saurait passer sous silence la mise au point de la télégraphie
sans fil par Marconi qui invente à sa façon le
slogan «la distance n'a plus d'importance». Ce slogan
allait prendre son envol en1903, alors que les frères
Wright (des fabricants de vélos) effectuent le premier
vol contrôlé de l'histoire. L'avion était
né.
En 1904, on constate que l'ajout de chrome ou de nickel à
l'acier lui permet de mieux résister à la corrosion.
L'acier inoxydable venait de voir le jour et sera utilisé
dans un grand nombre de produits courants.
En 1905, alors qu'Albert Einstein découvre la relativité
restreinte (une théorie qu'à peu près personne
ne comprend à l'époque), l'utilisation de la novocaïne
pour les interventions chirurgicales sonne les débuts
de l'anesthésie. Jusque là, les chirurgiens donnaient
plutôt une rasade de whisky à leurs patients en
leur conseillant de mordre dans leur ceinture. C'était
nettement un progrès...
Un Québécois d'origine, Reginald Aubrey Fessenden,
met aussi au point la radio AM. Une invention qui, bien avant
la télévision, modifiera le déroulement
des soirées en famille. En 1907, les frères Lumière,
qui ont aussi inventé le cinéma, mettent au point
la photographie couleurs.
Si j'avais un char
L'automobile existait depuis le début du XXe siècle,
mais c'est Henry Ford qui la démocratisera en 1909 avec
son fameux modèle T disponible pour 250 $ dans un vaste
choix de couleurs (pourvu que ce soit noir). Plus qu'une voiture,
Ford invente la chaîne de montage, une procédure
qu'on imitera dans la plupart des usines de la planète.
En 1908, le petit déjeuner est au bord d'une révolution
puisque c'est cette année-là que General Electric
invente le grille-pain qui donnera naissance au pain tranché.
Alors que la découverte du système atomique,
de la dérive des continents, de la couche d'ozone et du
compteur Geiger laissent les masses plutôt indifférentes,
la mise au point du réfrigérateur ne laisse personne
de glace en 1913.
En 1915, Einstein (encore lui!) se réveille un matin
en criant E=mc2. Mais le public s'en tape, plus préoccupé
par deux inventions qui transformeront la cuisine : le pyrex
et le congélateur. l'ère du marchand de glace venait
de finir.
La Première Guerre mondiale n'arrête pas l'esprit
innovateur des hommes qui se concentrent sur des avions plus
performants et des armes plus meurtrières. La barbarie
fait un bond de géant!
Après la guerre, on revient à des préoccupations
plus civilisées alors qu'un Américain (et non un
Anglais) invente le sachet de thé! Voilà quelque
chose de plus utile que la grenade à fragmentation!
Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche
28 novembre 1999
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